Mardi 4 juillet : Cours de japonais et préfecture d’Osaka
Mlle Boulette au Japon, épisode 6.
Lire l'épisode 5 9h45. Nous sommes répartis en groupe avec des volontaires de l'association Hirakata, pour 5 séances de japonais. Ma moitié s'appelle Hukagawa, gentille, mais ses dents de devant qui avancent jusqu'à moi alors que nous sommes séparées d'un mètre me dérangent (je suis une véritable garce). Pour me consoler je regarde le beau et sévère visage de Nosawa, la coordinatrice de notre groupe. Je comprends Amélie Nothomb, lorsqu'elle dit que la beauté des Japonaises est froide et ennivrante.
10h10. C'est déjà long. Présentations orales toute la matinée, en plus je suis la seule à oublier la formule japonaise incontournable « je me recommande à votre bienveillance ».
10h30. C'est long.
10h45. C'est long et chiant. Je veux dormir.
11h00. La pause, seulement dix minutes de répit, non négociables ou je risque de m'attirer les foudres meurtrières de Nosawa.
11h30. C'est pas encore fini ? Je me demande ce qui est le pire quand on s'ennuie : d'avoir une pendule qui vous rit au nez, ou rien du tout et vous vivez l'enfer du temps qui ne s'écoule pas ?
12h00. Libération. On sort vite acheter le déjeuner pour le manger dans le bus.
12h15. J'engouffre mon sandwich, de toute petite taille, mais au moins je suis sûre de le finir, et c'est bon pour mon régime, qui n'a jamais existé (soyons sérieux deux minutes, un régime c'est horrible, quand on aime le chocolat et tout ce qui est fait à partir de sucres, de graisse et de calories). Au dessert, parce qu'il faut quand même un dessert de temps à autre, après six jours de plats principaux suivis de rien du tout, je mange du chocolat noir. Un vrai délice, je ne vais en manger que quelques morceaux, me dis-je, sauf que la tablette (pas si grosse que ça, hein) est finie en deux minutes, sans l'aide de personne. Pour ma défense j'en avais proposé à Martin (dans l'espoir secret qu'il dise non, évidemment), mais il avait poliment refusé.
13h30. Préfecture d'Osaka. Je change de godasses, troque mes tongs noirs à deux euros sur le net pour des chaussures atrocement jolies et douloureuses (malgré l'absence de talons) afin d'être digne de rentrer dans l'Ambassade.
14h00. Discours super d'un Néo-Zélandais, en anglais. Quand je ne comprends pas son accent de chochotte (l'accent kiwi apparemment), je fais semblant, car tous les autres étudiants semblent comprendre.
14h30. Siège de la Creation Core. Avant, pendant et même après, le mystère reste entier pour moi sur cette entreprise. Le discours est long, totalement space et abstrait, parfois drôle, mais très déplaisant si vous y ajoutez une envie de pipi gigantesque et tenace.
15h30. Je n'ai pas le droit d'aller aux toilettes. Nous quittons la petite salle de conférence pour un placard à balais dans lequel des guguss japonais construisent une fusée à lancer en France. Ils ont vraiment que ça à faire.
15h45. Je suis enfin passée par la case toilettes (si elle pouvait rapporter 20.000 francs à chaque fois, je serais devenue la femme française la plus riche sans avoir eu besoin de me compromettre dans l'affaire Elf). Comme si ça ne suffisait pas, nous faisons un tour au rez-de-chaussée, puis au premier étage voir leur expo de tordus : papier hygiénique et autres inventions farfelues et encombrantes à la Gaston Lagaffe, mais en moins drôle. Quelques délires à regarder et commenter tous ces trucs, néanmoins, et pour une fois je suis sage, et décide de ne toucher à aucun bouton (c'était dur de se retenir), de peur d'envoyer une arme bactériologique en France.
17h30. L'heure du rendez vous d'arrivée à Hirakata, sauf que nous ne sommes dans le bus que depuis 5 minutes.
18h15. Arrivée à Hirakata, je saute dans le bus (non sans avoir demandé à nouveau où se trouvait ce maudit arrêt de bus, je l'avoue).
19h00. Arrivée à Nagaoeki. Je vois Yoko tout de suite, blême. Comme je devais rentrer seule ce soir, et qu'en rentrant, pas de boulette, elle a flippé et fouillé les environs à ma recherche pendant une heure, folle d'inquiétude.
20h00. Dîner et fin de soirée tranquille. Rien de folichon ni de croustillant.
Pas de boulette ni de petites bourdes. Famille inquiète : ou peut être sûre que je suis trop bête pour me perdre. Plaquette de chocolat : 1, en deux minutes, mes cuisses vont adorer !
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