Samedi 1er juillet : Rencontre avec la famille d’accueil
Mlle Boulette au Japon : la suite
Lire l'épisode 2 Nuit : vraiment pas terrible, les losanges en fer du matelas, très peu pour moi. Je ne suis pas la princesse au petit pois, mais ça je ne supporte pas. Trop fatiguée, je dors à peine.
8h15. Petit déjeuner au Top of Kyoto, 14ème étage du Rihga Hôtel, qui donne sur le très vilain quartier de la gare. On propose du pain, toast ou « roll ». La dernière fois, le roll était une petit brioche infâme, je prends donc le toast, qui fait à peu près 4 centimètres de largeur, pour manger ça, faut pas y aller avec un estomac déjà rempli. Et bien sûr, ce qu'ils appellent roll ne sont autre que les merveilleuses pâtisseries françaises, croissants, pains au chocolat… Bien joué Boulette ! De toute façon, quelle que soit ma décision, pour n'importe quoi, je prends toujours la mauvaise.
10h00. Arrivée à Hirakata. Ca a l'air sympa, et pas si petit que ça. Il faut dire que les Japonais ne connaissent pas leurs villes de 400.000 habitants, alors on s'attendait vraiment à tomber dan une ville de la taille d'une sous-préfecture française.
Nous sommes accueillis par deux étudiants en langue, dont le nom ne mérite pas de figurer ici (non en fait, je ne me rappelle d'aucun nom, nourriture ou endroit si je ne l'ai pas déjà vu dans Naruto !). Le garçon est plutôt cool, quoique assez arrogant car son français est bon ; la fille est timide, maigre et la hauteur de ses talons me fige sur place. Le rose de ses boucles d'oreille (en forme de bouche, très joli !), de son débardeur, de sa jupe ultra courte et de tout le reste de ses vêtements m'étourdit encore. Je suis face à la japonaise de base. Je n'avais jamais vu autant de rose bonbon et de féminité puérile en une seule personne, pas même dans un manga. Elle ressemble à un chamallow fondu.
10h30. Nous allons dans la plus cool des boutiques, celle où tout est à 100 yens, soit 70 centimes d'euros. Nous devons acheter des parapluies, car c'est la saison des pluies au Japon. Avec un peu de chance, il ne pleut qu'un jour sur trois, s'il pleut tous les jours comme l'année dernière, là c'est la poisse. Bon j'achète mes deux parapluies, parce que je me dis qu'à ce prix là, c'est bien, qu'en France je n'en ai pas, et surtout que je suis certaine d'en perdre un d'ici les deux prochaines semaines.
15h30. Il s'est passé peu de choses excitantes, alors je vous ai épargné. La cérémonie de présentation aux familles débute, avec tout le gratin d'Hirakata, ce qui n'empêche pas le papi en face de tout le monde de pioncer bien profondément sur sa chaise, et de presque ronfler. Une fois sorti de sa torpeur, il se lève, tranquille, se déplace autour de nous à la recherche de quelqu'un ou de quelque chose, trouve un bonhomme qu'il force limite à le rejoindre parmi la tribune, puis se rassoit. Magique durant un discours officiel japonais. En effet au Japon, les discours durent deux fois plus de temps, car l'interlocuteur annonce aux auditeurs qu'il commence, continue puis finit son discours, tout en s'excusant et remerciant tout le monde pour leur attention. 16h30. Je rencontre enfin ma famille d'accueil, que j'avais reconnue dans l'assemblée et saluée de la main. Ils ont l'air vraiment bien, plus que sur la photo qu'il m'avait envoyée, où ils n'avaient pas l'air très fun. Première impression toujours la meilleure, au bout de 5 minutes je leur dis qu'ils ont l'âge de mes parents, qui ont en fait 10 ans de plus qu'eux. Yoko, la mère, est super déçue, car à 37 ans, avoir une gamine de 21, ça fait quand même un petit choc. Après une petite pose aux toilettes (la 16ème de la journée), je m'excuse et rétablis la vérité. Regard soulagé, mais bon, je me suis encore débrouillée comme un chef pour mon entrée. J'ai tellement de tact et d'intelligence, faut dire… Je rentre avec eux, découvrir leur maison et tout et tout.
17h00. L'heure du thé et des petits gâteaux faits à partir de riz (on se demande ce qu'ils ne peuvent faire avec du riz). Je leur offre leur cadeau. Le père Akihiko, ne connaît pas le muscat, alors qu'on m'avait assuré que les Japonais en sont dingues ; Yoko ne comprend qu'après quelques minutes que je lui ai apporté des savons de Paris (ça existe !), Sakura, jeune fille de 9 ans, ne semble pas connaître le parfum, et Keita, 8 ans, ne veut même pas se décider à ouvrir la boite qui renferme son mug.
Bon, même si c'est l'attention qui compte à leurs yeux, ils n'ont pas l'air super contents.
18h00. Je visite la maison avec Yoko, et comprends presque tout son japonais, qu'elle déclame lentement et avec beaucoup de douceur, j'adore et en plus suis très fière de moi.
19h00. Suki-Yaki. Un des plats typiques japonais. Bœuf, oignons, et plein de pâtes différentes qui ne sont pas vraiment des pâtes (car faites à base de riz, comme 1/3 des choses au Japon), cuisent à la vapeur au centre de la table. Cette fondue japonaise est ensuite trempée dans un bol individuel où trône un œuf cru, qui me laisse plutôt sceptique. Mais le goût est très bon, c'est merveilleux, sauf que des spaghettis avec des baguettes, bonjour la mission ! Bien sûr, j'en mets sur mon pantalon tailleur (un grand classique de Mlle Boulette qui ne peut pas passer de repas sans s'en mettre partout !)
20h00. Aki m'aide à installer le net sur mon ordinateur : 2 heures pour n'arriver à rien, au bout du compte, car wifi, large bande, rien ne marche.
21h00. Nous jouons tous ensemble au pouilleux (grand père en japonais). Très drôle, surtout le moment où il faut départager le sens dans lequel on va tourner, au « pierre/papier/ciseaux » japonais.
23h00. Je m'endors lentement et inconfortablement dans le lit de Keita, qui pendant deux semaines partagera la chambre de sa sœur. Au Japon, les dessous de lit sont doux coté lit et rugueux coté boulette. Et le matelas a l'épaisseur d'une tranche de jambon. Sommeil infructueux donc, une habitude depuis 3 jours, avec les moustiques bien entendu.
Grosse bourde : 0 ( ?)
Petite boulette : 1
Parole idiote : 1, je suis incapable de tourner ma langue 7 fois dans ma bouche, dès qu'une idée stupide traverse mon esprit, elle fuse plus vite qu'une pensée intelligente et ma bouche adore.
Image auprès de ma famille : pas top du tout.
Boutons de moustiques : déjà trois, ils n'ont pas perdu de temps pour attaquer mes bras, place de choix. Dois-je néanmoins m'estimer heureuse qu'ils n'aient pu se faufiler dans l'avion ?
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