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Mlle Boulette au Japon

Vendredi 30 juin : Premier jour à Kyoto

Vendredi 30 juin : Premier jour à Kyoto

Mlle Boulette au Japon : le retour!


Lire l'épisode 1

9h00
. Sortie de l'avion sans trop de dégâts matériels (je ne m'étais vraiment pas vue dans une glace), avec mon sac à main plein à craquer, mon sac d'ordinateur, qui abrite aussi disque dur externe et mille autres accessoires informatiques pesant une tonne, je me dirige vers la sortie de l'aéroport.

9h10. Le petit métro qui nous emmène à la douane est charmant, mais comme rien n'est parfait dans ce monde, que je porte la poisse et arrive toujours sur les lieux importants avec du retard, le train prêt à partir est bondé. Ce sera pour le prochain. J'ai perdu mon enthousiasme.

9h20. Je remets mon passeport, que je n'ai pas, Dieu merci ! (encore ?) perdu. Je donne aussi le papier de déclaration de douane que nous avons dû remplir dans l'avion et sur lequel personne n'a la même orthographe de l'hôtel dans lequel nous passerons la prochaine nuit à Kyoto. D'ailleurs, non, si ça intéresse vraiment la douane japonaise, je n'ai jamais été arrêtée pour corruption, détention ou trafic de drogue, je veux bien le certifier sur l'honneur (quelle est l'andouille finie au pipi qui cocherait la case oui ?).

J'ouvre grand ma bouche pour déclamer un merveilleux Ohaiyou, bonjour, mais littéralement, il est tôt en japonais (car oui il est très tôt, deux heures 20 du matin pour être précis). Je n'ai en retour qu'une minuscule esquisse de grognement sourd de la part de l'hôtesse de douane. Pas de réponse civilisée non plus lorsque je la remercie à la forme polie. On m'a bien élevée, mais la prochaine fois, elle pourra se le mettre où je pense la forme polie, le forme neutre suffira, voire rien du tout selon mon humeur.

9h40. Je dédie Charlotte de sa mission qui consistait à m'aider à porter mes valises, les deux monstres qui m'accompagnent (pour ma défense je ne suis pas la seule à avoir emporté la moitié d'une maison). Je la charrie d'abord en lui disant qu'on m'a volé mon ordinateur, mais à la voir blêmir tout d'un coup, je me dis que ce n'est pas très drôle. Je retenterai ça quand on aura bien dormi, dans deux ou trois jours.

9h45. Dans le bus vers Kyoto. Nous ne savons toujours pas ce qui nous attend. Pas de programme pour nous le dévoiler, mais un papier obscurément indéchiffrable qui doit être la marche à suivre lors de nos arrivées respectives à Tokyo.

Trou noir, je dors.

12h00. Restaurant japonais des plus typiques à Kyoto : le fameux Family Steak House. Par table de 4, nous décidons de faire confiance à Junko pour la boisson aux lentilles (pas moi, entre parenthèses). Nous n'aurons la boisson, à notre grand étonnement (non y'avait pas de suspense non plus) qu'à la fin du repas. Non seulement ce n'était pas une boisson aux lentilles, mais du thé (dégoûtant, infecte, tout ce que vous voulez) « long tea », mais en plus les boissons remplacent le dessert. Je défaille à cette idée insupportable. Pas de sacro saint dessert, sans lequel un Français n'est plus un Français, et perd toute son identité et goût de vivre. Et je ne parle pas du fromage, car là, on s'en doutait qu'il avait que des tranches de fromage à hamburger.

Entre temps, on ne comprend pas un mot de la serveuse. La pierrade c'est chaud, il ne faut rien mettre dessus nous dit-elle rapidement, et je dois dire que coté traduction, on pataugeait sévère. Nous voilà donc tous, les 22 étudiants de l'ESSEC, grande école de commerce, à coller sur la pierrade la sauce aux oignons qui nous saute ensuite à la figure, comme pour nous BAKAAAAA !!! IDIOTS. La serveuse était morte de rire. Résultats des courses, 22 pierrades foutues.

14h00. Rihga Hôtel. Effet prison à l'extérieur, luxe à l'intérieur. Curieuse et attirante dichotomie japonaise. Kyoto, du moins ce quartier, c'est très moche. Pas de repos, je dois trouver un cadeau pour Keita, 8 ans, qui me saoule déjà. La photo que ma famille d'accueil m'avait envoyée montrait une graine de relou en puissance, susceptible et sceptique.

15h30. Après une bonne heure trente de déambulation et de recherche dans l'hôtel puis à la gare de Kyoto, qui ressemble plus à un grand magasin qu'à une gare, j'ai trouvé un mug sans inscription japonaise. Ca fera l'affaire.

18h00. Après une douche très rafraîchissante, essai Internet totalement infructueux, abandon définitif après moins de dix minutes. Ma pièce de 100 yens est vicieusement avalée sans que je puisse vraiment accéder à mes mails.

18h15. Dîner, encore du bœuf, avec des condiments plutôt européens, chapeau le dépaysement. Où est passée la nihonriori ? (Cuisine japonaise)

19h30. Achat d'une carte téléphone, une espèce de bout de carton jaune qui n'indique aucun code de pays et qui s'obstine à me parler en japonais. 15 minutes pour comprendre comment on fait. Anne Astrid vient à mon secours (ai-je l'air si pitoyable lorsque je ne comprends pas les choses ?). Je parle deux minutes avec mon chéri, la vie reprend le dessus.

21h00. Dodo, j'en peux plus. Mais je dors mal.

Grosse bourde : 0 (je vais pas non plus en faire tous les jours !)

Petite boulette : 1 (si ça se trouve, les 22 pierrades sont vraiment fichues)

Image des Français : Idiots mais drôles.

Erreur de compréhension : 2, ça commence bien, et vu mon niveau de japonais, ce n'est qu'un début.

Lire l'épisode 3


24/07/2006


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