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Nouvelles d'Olivier

Les pensées de Tom


Les pensées de TOM

 

 

Je m'appelle Tom, j'ai 9 ans et je suis un garçon comme tout le monde.
Enfin presque !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Depuis deux jours, je suis sur un lit d'hôpital parce que j'ai mal au ventre. C'est ce que disent mes parents.
Moi, je ne pense pas pareil car c'est mon corps et je sens qu'il se passe quelque chose de pas bon dedans. Je ne sais pas mais j'ai une sensation bizarre, une douleur qui ne s'arrête jamais, qui me ronge jour et nuit.
Mes parents sont dans un drôle d'état !!!! ils sont tristes, ils parlent tous bas, me sourient trop et je sens qu'ils me mentent. Ils veulent me rassurer, ne pas m'inquiéter mais cela ne marche pas.

 

J'ai peur de ce qui m'arrive, de cette douleur qui ne me quitte plus depuis un mois maintenant. J'ai juste aperçu en arrivant un docteur en blouse blanche parlant à mes parents dans le couloir.
Il ne racontait rien de gaie au vu de leur tête. Moi, je n'ai pas eu le droit d'écouter. C'est vrai ça, cela ne me regarde pas, ce n'est pas moi qui suis malade. C'est quand même trop fort, je dois attendre et souffrir.
Je n'ai que le droit d'avoir mal et de ne rien savoir sur ma maladie.
Mais je veux savoir et j'y arriverai. Je vaux savoir pour mieux comprendre, pour mieux combattre mon mal.

 

Ma chambre est très moche comme une chambre d'hôpital mais en très vieille. Je suis tout seul dedans. C'est déjà bien parce que je ne voudrais pas quelqu'un qui se plaint à côté de moi tout le temps.
Je suis bien tout seul comme ça, je peux souffrir presque à voix haute.

 

Ma douleur, elle me prend dans tout le ventre et elle me brûle. C'est un peu une sensation de déchirure mais en permanence.
Ca fait très mal mais je ne dis rien et je sers les dents. Je ne veux pas montrer à mes parents à quel point je souffre parce qu'ils s'inquièteraient encore plus. Déjà qu'ils sont aux quatre cents coups !!!
Il faut que je sois dur et pas une chochotte. Je vais essayer de leur prouver que je suis fort et que j'ai envie de guérir. Enfin guérir, je ne suis pas sur mais y croire pour moins souffrir dans ma tête.
J'ai vu le nom en arrivant sur la porte, c'était marqué « service de cancérologie ». je ne sais pas ce que c'est vraiment mais il n'y a que des adultes dans les chambres et ils ont l'air très malades.
Le mot cancer, j'en ai entendu parler quand ma grand-mère est tombée malade. Elle est morte de ça alors pour moi, cela va peut être se passer comme mamie. Je sens bien que ce n'est pas une visite éclair mais je vais rester dans cette chambre longtemps et peut être pour toujours. Vu la taille de ma valise, mes jouets, mes livres que m'ont apporté mes parents, mon séjour risque de s'éterniser.

 

Depuis que je suis rentré à l'hôpital, les gens sont supers gentils avec moi. TOUS !!!!!!!
Ma famille, mes parents, ma petite sœur qui ne comprend pas pourquoi je ne rentre pas, elle n'a que quatre ans, c'est normal.
Les infirmières qui viennent toutes les demi heures pour me demander si ça va, si je n'ai pas trop mal.

 

C'est presque bien d'être malade car on s'occupe beaucoup de vous, on est au petit soin et c'est agréable. C'est pas mon habitude de penser comme ça pourtant, je suis plutôt un petit garçon qui vit sa vie tranquillement sans demander trop aux autres.
J'avoue que c'est presque amusant de voir tant de gens autour de vous, pour vous. Alors je me laisse faire et me laisse bercer par ces bonnes sensations. Ouais, j'en profite tant que je suis là.

 

Je fais un peu le malin. C'est sûrement pour oublier ce qu'il m'arrive, ce mal qui ne fait que grandir dans mon ventre.
Pourquoi moi, pourquoi cette douleur qui ne s'arrête pas, pourquoi il n'y a pas de médicaments magiques, juste un pour moi.
C'est trop injuste, j'ai encore pleins de choses à faire, à découvrir. Je voudrais juste exhausser deux vœux pour quand je serai grand.
Le premier, c'est de pouvoir m'endormir au bord de la mer pour me réveiller le matin devant.
Le deuxième, c'est d'être pilote d'avion pour voir le ciel de plus près. C'est tout, après, je peux rejoindre mamie et je lui raconterai ce que vous devenez depuis son départ il y a quatre ans.
Et me voilà en train de rêver à mon avenir au moment ou je ne peux plus avancer, c'est drôle, je trouve. Il faut que je rêve pour ne pas penser à ce qui m'arrive !!!!!!

 

Depuis quatre jours, je suis sur mon lit d'hôpital et je ne vais pas mieux. Maman reste près de moi de plus en plus souvent. Je l'ai entendu demander à une infirmière, hier, si elle pouvait dormir dans ma chambre si mon état s'empirait. Mon cas est vraiment sérieux, j'ai moins mal pourtant parce que j'ai deux bouteilles branchées de chaque côté de mon lit.
Il y des moments où j'ai envie de baisser les bras.

 

Je me force à lire, à regarder la télé, à manger, à sourire à mes parents et aux gens qui viennent me rendre visite.
Tout me semble pénible, difficile. Je ne me lève plus depuis hier, je n'ai plus assez de force. Le docteur m'a dit que c'était normal, les médicaments me rendent faible. Tu parles, c'est mon cancer qui me couche, pas les médicaments.
Il me prend pour un enfant qui ne comprend rien ou quoi !!!!!
Pourtant, il est gentil avec moi, il ne veut pas m'inquiéter, c'est ce qu'il fait en me mentant.
Personne ne me dit rien mais je vois bien que maman s'effondre de jour en jour.
Souvent, elle arrive avec les yeux rouges, elle a du pleuré en pensant à ma maladie, à ce qui va m'arriver.
Papa, c'est pas mieux, il vient rapidement et ne me parle presque pas. Il ne sait pas quoi me dire et moi non plus alors on regarde la télé et le temps se passe.
Je les sent presque plus malheureux que moi alors il faut que je leur montre que je suis fort. C'est à moi de faire des efforts, et pas mes parents. Eux, ils sont tristes et ils se sentent impuissants.
Je suis désolé de les voir malheureux à cause de moi, à cause de cette maladie qui a décidé de détruire toute ma famille.

 

Ce matin, le sixième jour, je ne vais pas bien, j'ai du mal à respirer, les infirmières s'agitent autour de moi et un docteur, un nouveau vient me voir.
Il parait inquiet, donne des ordres et repart. Les ordres, c'est de me mettre sous oxygène pour m'aider à respirer. Alors, elles font ce que le docteur leur a dit et je me retrouve avec un entonnoir sur le nez, et c'est très désagréable.
C'est vrai, cela ma soulage. Maman vient d'arriver, avertie de mon état qui empire. Elle me tient la main, je sens qu'elle tremble, et pourtant cela me rassure de la savoir à côté de moi. Je la regarde et lui fait un clin d'œil, un sourire pour lui montrer que ça va.
Je trouve son visage fatigué, attristé par mon état. Elle m'embrasse tendrement, je lui serre la main très fort pour lui faire voir que j'aime ce qu'elle me fait, ce qu'elle est tout simplement.

Je savais que maman était la plus forte, la plus belle mais à ce point !!!!!
Elle est parfaite et elle me porter jusqu'au bout, j'en suis sur. Si je ne l'avais pas, que ferais-je ?
J'espère qu'elle ne se pose pas la même question pour moi. Il y a ma petite sœur, elle pourra noyer son chagrin à travers elle, enfin peut être. Il y a papa aussi qui l'aime très fort. Il lui dit souvent alors ils essayeront de vivre un peu heureux même sans moi.
Je ne trouve pas cela normal, ce qui nous arrive parce que l'on était heureux, tout allait bien, et puis, en quelques jours, pour un petit mal au ventre, notre vie a basculé, un vrai cauchemar.
Si on m'avait prévenu que la vie pouvait changer si vite, j'aurai fait pleins de choses en plus. J'aurais dit plus souvent je t'aime à mes parents, j'aurai été plus sage des fois, j'aurai fait attention aux autres davantage.
J'ai préféré jouer des heures aux jeux vidéos, manger des bonbons, pas ranger ma chambre, fait crier maman, me laver les dents pas très souvent, casser mes jouets, crier sur ma petite sœur, faire des caprices et j'en oublie encore.
Voilà, maintenant, je ne peux plus faire tout ça et je suis cloué sur ce lit à avoir mal, a respirer dans cette machine infernale. Je ne regrette pas ce que j'ai fait, je suis un gamin comme dit papa, mais les grands ne nous disent pas que la vie peut être cruelle et douloureuse.
Papa vient de rentrer dans la chambre avec dans ses yeux de l'inquiétude. Il ne savait pas pour mon oxygène, je le vois bien, et là, il ne sait pas comment réagir. Il est sonné mon papa, je le vois bien.
Il pose son blouson sur la chaise et vient m'embrasser. Je lui prends sa main et nous restons là, tous les trois, maman, papa et moi main dans la main à nous regarder sans mots.
Je ne sais pas si il y a toujours des mots pour tout mais là, on ne les trouve pas. On est juste bien, ensemble et c'est tout ce qui compte.
Notre moment de bien être est interrompu par l'arrivée du docteur, le chef celui là. Il demande à mes parents de sortir pour leur parler. Ils se lèvent donc et referment la porte. Le silence prend du volume, juste le bruit de l'appareil, celui qui m'envoie de l'air dans mon corps.
Je me retrouve seul, seul avec mon mal au ventre qui n'en finit pas de me ronger. Je souhaite que le docteur ait une solution pour moi et pour mes parents parce que j'en ai marre d'avoir mal.
Dans mon histoire, il n'y a pas de méchants, seulement moi malade, très malade et mes parents en perte d'espoir. Allez TOM, il me faut encore un peu de courage !!!!!!!
Trouves la petite force qui pour accrocher un sourire à tes parents. Maman assise près de moi, me regarde et j'arrive à lui murmurer que je sais pour mon mal qui me tue. Je lui demande de ne pas trop s'inquiéter, que ça va aller, que je ne souffre pas tant que ça et qu'il faut penser à demain. Elle me sourie, les larmes lui coulent le long de ses joues et elle m'embrasse encore.

 

Depuis sept jours, je suis sur mon lit d'hôpital et j'ai décidé de résister à ce sale cancer. Le docteur est venu me parler ce matin et cela m'a donné l'envie d'y croire.
Je suis pourtant à bout de souffle, complètement alité, ne pouvant à peine manger seul mais je tiens bon. Ma sœur est revenu hier, comme si il fallait venir avant……….
Cela m'a fait du bien de la voir, de revoir ses petits yeux malicieux. Pour elle, je vais rentrer à la maison et je vais pouvoir encore jouer avec elle et lui raconter des histoires, comme avant. Tout le temps de sa visite, elle a joué avec un de mes robots ( buz l'éclair, mon préféré ) assise à côté de moi, sur le lit.
Je sentais son parfum de petite sœur et c'était bon !!!!!!

 

Mais que c'est dur d'apprécier ces moments de joies lorsque l'on ne sait pas à quelle sauce, je vais être mangé. Je tente de garder le moral mais c'est vraiment pas possible. Mes parents se découragent de plus en plus, je les vois de plus en plus tristes.
Au début, les gens, les amis, la famille venaient me rendre visite mais plus rien. Ils doivent savoir que mon état a empiré alors ils préfèrent nous laisser ensemble.
Moi, mon cancer et mes parents !!!!!!

 

Cette après midi, je dois aller à l'IRM, un tube ou l'on voit de plus près ou j'ai mal et comment j'ai mal. Les infirmières m'ont fait beau, mis un nouveau pyjama et recoiffé un peu. Il ne faut pas grand-chose pour se sentir mieux, mais là, je sens une bonne sensation qui traverse mes douleurs.
Ca fait longtemps que cela ne m'est pas arriver alors j'en profite un peu.
Ca y est, je suis dans ce tunnel et je dois attendre vingt mn. J'ai froid et je ne dois pas bouger et je crois que j'ai un peu peur.
Peur du résultat, peur de mon cancer qui me grignote lentement mais sûrement. Je ne vais pas savoir quoi faire après le résultat s'il est mauvais. Il faut que je me libère de mon mal mais comment.
En me laissant aller, non mais en me laissant manger sans rien dire. De toute façon, je n'ai plus de force pour lutter. J'ai essayé de faire le malin mais je sens bien que ma maladie aura le dessus. Je suis épuisé !!!!!!!
Je ne pèse plus que 3é kg, un vrai squelette, un zombi comme dans les films d'horreur. Jusqu'ou je vais pouvoir m'accrocher pour survivre.

 

De retour dans ma chambre, que l'on a lavée pendant mon absence, je me sens très fatigué. Le moindre effort me coûte énormément j'en ai vraiment marre.
Heureusement, maman arrive à point, pour me consoler. Je ne lui montre rien mais je profite d'être à ces coté encore un peu, histoire de ne rien oublier d'elle. Elle me passe un gant frais sur le front et je m'endors en pensant que peut être que je ne me réveillerai pas.
Je suis plus dur que mon sommeil alors je me réveille pour endurer ma souffrance lancinante. Maman est toujours présente, fatiguée aussi. Son visage est triste, cerné mais elle ne veut pas me le montrer. Je devine qu'elle se force pour être digne, une vrai maman princesse.

 

Les résultats viennent de tomber. C'est un coup de couteau pour tout le monde. Le docteur annonce à maman que le cancer progresse et qu'il est de plus en plus envahissant. Ce n'est pas un scoop pour moi, je sens bien que je dépéris très vite.
Je ne mange plus normalement maintenant, j'ai une sonde pour m'alimenter. Mes cheveux se sont envolés avec les médicaments ma peau est bleue et je ne ressemble plus vraiment à un petit garçon.
Je ne me reconnais même plus dans le miroir !!!!!!!

 

 

Depuis neuf jours, je suis sur mon lit d'hôpital et la fin approche. Il faudrait que je fasse mes adieux mais j'ai plus de force.
Maman vit jour et nuit avec moi, elle m'aide à partir pour un monde qui m'effraie déjà.
C'est vrai, je ne le connais pas ce monde, je voudrais juste savoir comment c'est. Peut être que c'est mieux là bas, peut être que les gens n'ont pas envie de revenir. Mamie pourra sûrement me raconter d'autres histoires comme avant. Elle fait peut être aussi encore des bons gâteaux au chocolat et des crêpes.
Il ne faut pas que je m'inquiète alors, je pars pour un endroit inconnu mais probablement sympa.
Les adultes en ont peur à un point incroyable. La mort, on entend que ça dans leur bouche de grand. Nous les enfants, on s'en fichent, c'est trop loin et puis on préfère jouer que penser à des mauvaises choses.
D'habitude, cela se passe comme ça, mais pour moi, mon chemin se rapproche de celui des grands.
De mamie !!!!!!!!

 

Au fait, que vont ils faire de moi après, vont-ils me mettre dans le cimetière comme mamie pour venir me voir ?
Pour venir me voir !!!!!! tu parles, une fois de temps en temps avec un bouquet pas beau. Je voudrais bien choisir et décidé ou je vais finir. Le cimetière est le passage pour l'autre monde sûrement. On y reste pas, non, on nous dépose comme dans une fusée puis on décolle pour le ciel.
Enfin, c'est ce que les grands nous racontent, le ciel !!

 

Ce matin, mon corps ne répond plus. Je ne sens quasiment plus rien, sauf mon mal au ventre. Je sens juste la chaleur de la main de maman qui ne me lâche plus.
Je vois de moins en moins bien, flou, et j'ai du mal à garder les yeux ouverts. Par contre, je reconnais très bien les voix, je comprends tout ce qui se dit, se passe autour de moi.
Je crois que c'est le pire parce que l'on se sent loin et proche en même temps. J'entends mes parents se dire que c'est fini. Ils se demandent si je souffre, questionnent beaucoup les infirmières.
Ils ont fait venir ma petite sœur pour la dernière fois et elle s'est allongée près de moi sans rien me dire. Je crois qu'elle a compris ce coup là, vu mon état. Elle n'a pas joué, ni même parlé. Elle m'a juste soufflé dans l'oreille quelques mots que je n'ai pas compris. Elle ne parle pas encore très bien, elle n'a que 3 et demi, quel dommage.
Le même jour, mon tonton est venu m'embrasser, quelle joie. Mon tonton que j'aime très fort, avec qui je vais à la pêche, avec qui je peux tout dire,
Merci d'être venu mon tonton, cela me rassure que tu ne m'ais pas oublié.

 

Depuis dix jours, je suis sur ce lit d'hôpital et c'est le dernier. je viens de rentrer dans un sommeil, le coma disent les grands.
Un drôle de coma parce que j'entends tout et ressent les émotions de cette chambre. Je ne souffre plus, je ne sens plus rien. Je suis bien, enfin, presque. Je suis soulagé de ne plus avoir mal. Je suis sur le départ, sur l'autre versant de la colline enchantée peut être.
Maman pleure sans arrêt, je l'entends sangloter. papa piétine dans la chambre. Il n'arrive pas à rester en place.

 

 

Je suis triste à mourir, triste de partir avec des regrets, des choses que je n'ai pas pu faire. J'aurai préféré partir autrement, en meilleure forme.
J'aurai pris le temps d'écrire à mes copains avec qui je m'amuse bien, à ma maîtresse qui me donne envie de lire, à mon tonton préféré, à ma petite sœur pour quand elle sera grande et à mes parents pour les remercier de ce qu'ils oint fait jusqu'au bout.

 

Mais c'est pas possible, ou c'est trop tard !!!!!!

 

Oui c'est trop tard. J'ai encore envie de rester, je n'ai pas eu le temps de tout goûter, de tout regarder. Je n'ai même pas ranger ma chambre avant de partir, dit au revoir à mes peluches. Si j'avait su avant que je ne rentrerai pas, je me serai organisé, j'aurai donné mes jouets à ma petite sœur, j'aurais fais un gros câlin à Giko, mon chien.
Que c'est bête !!!!! me voilà clouer au fon de ce lit à attendre de partir rejoindre mamie, sans pouvoir rien dire, que penser, sans voir.

 

Je ne contrôle plus grand-chose de mon corps, mais je sens que je pleure. Maman essuie mes larmes qui perlent sur mon visage.
C'est la 1ere fois que je craque devant eux et je ne suis pas très fier. Ils vont s'inquiéter, penser que j'ai mal mis non, pas du tout. Je pleure en pensant à tout ça, à cette fin qui m'attire. Je pleure ma peine qui est infinie, intolérable.
Je suis arraché à la vie, de ceux que j'aime et je suis sans armes. Mon dinosaure pourrait sûrement faire quelque chose, lui mais il est resté à la maison.
Il est super fort, il surveille ma chambre, il est plus puissant que tous les méchants.

 

Enfin, il faut que je me débrouille seul !!!!! je ne suis pas en train de jouer, plus maintenant.
J'entends maman et papa. Elle lui dit qu'elle sent que je pars, je n'ai plus de force pour serrer sa main et je suis en train de lâcher prise.
Elle me parle, m'appelle mais je ne peux lui répondre, je glisse avec aucune possibilité de revenir.
La pente est forte et rapide !!!!!
Ce coup ci, je n'entends plus rien, enfin, mes parents, je crois que je les ai quitté pour de bon.
Je me sens seulement attiré vers quelque chose que je ne vois même pas. Je ne sais pas où je vais mais le trajet n'est pas une mauvaise sensation. Cela ne fait pas mal, au contraire, c'est comme un manège. Je suis envourné et je me laisse porter.
Je crois que je viens de quitter le monde des vivants, ce n'est plus un rêve mais où suis-je ?
Où vais-je ? je n'ai pas hâte d'y être car j'ai peur d'être déçu. Mais ai-je vraiment le choix ?
Il me semble que je suis arrivé, dans le ciel, c'est nuageux, in dirait un champ de coton.
Il n'y a personne, pas de bruit non plus.
Je ne suis pas tranquille dans cet endroit. Je me sens tout seul. Je ne suis qu'un petit garçon qui a encore besoin des grands. Et pourtant, il faut que j'apprenne à connaître mon nouveau chez moi et surtout que je retrouve mamie, elle ne doit pas être très loin maintenant.

 

 

 

TOM vient de partir à la recherche de sa mamie !!!!
Je prends le relais pour vous raconter la fin de son histoire. Moi, je ne suis que le rapporteur de ses pensées. Le petit être qui a écouté TOM penser, souffrir et nous quitter.
Je ne m'appelle pas. Je n'ai pas de forme non plus mais je suis au fond de chacun de nous.
J'étais dans les pensées de TOM et je peux, grâce à cela, vous raconter tout ce qu'il a pu raconter durant ces dix jours.jours dans les pensées d'une personne
Je ne fais pas pour tout le monde mais, TOM, il en valait vraiment le coup. Quelle leçon de courage, de force en lui !!!!!!!
J'ai tout de suite vu qu'il était un chouette gamin, et ce qu'il lui arrivait était injuste. J'ai tout de suite su qu'il fallait bien écouter ses pensées pour vous les raconter après. Et puis, c'est comme ça, je m'attarde sur des bout de vie pas ordinaires comme l'histoire tragique de ce petit garçon de neuf ans. Cette histoire tellement triste.
Habituellement, je me balade au milieu des pensées de beaucoup de gens mais rarement je suis touché comme pour TOM. Je trouve souvent des gens qui s'apitoient, qui se plaignent plus que ce qui souffrent vraiment sans rien dire de trop. Des histoires où des gens ne se prennent pas en charge, fataliste, triste, pessimiste mais là, c'est tout le contraire. Ce petit TOM a des ressources incroyables. Il veut rester digne jusqu'au bout protégeant les siens au détriment de sa souffrance.
Et quelle lucidité !!!!!
Des enfants comme TOM, il y en a beaucoup dans les hôpitaux qui luttent contre leur mal, leur maladie incurable. J'ai eu de la chance de me trouver dans les pensées de TOM au bon moment pour être témoin de sa grandeur et de sa force. Il a du m'appeler car je suis un peu partout et nulle part, toujours dans les pensées d'une personne.

 

 

Depuis son départ, la maman de TOM ne s'en remet pas, elle ne travaille plus et n'arrive pas à trouver la force de vivre sans son TOM.
Son papa tente de porter la maison mais tant bien que mal. Sa petite sœur est incroyable. Elle a demandé à ses parents de dormir dans la chambre de TOM.
Elle a fait une cabane dedans et elle a mis les jouets préférés de TOM, un vrai lieu de culte. Elle y vient souvent et je l'entends chuchoter.
C'est elle qui va redonner l'envie de continuer à vivre à ses parents, c'est sur.
C'est elle qui va réussi à faire vivre TOM à travers les bons souvenirs.

 

Bon, il faut que je reparte pour d'autres histoires de vie au hasard des rencontres. TOM est aujourd'hui soulagé de ce mal qui le rongeait. Je crois savoir qu'il a rejoint sa mamie et qu'il se console auprès d'elle.
Peut être nous nous retrouverons dans d'autres personnes, au détour d'une histoire, d'un autre destin.


20/09/2006


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