Pour ou contre le port du casque en compétition professionnelle ?
le 16/04/2003 - par Thomas Lemaire Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !La mort de Kivilev lors du dernier Paris-Nice a relancé le débat.
Le cyclisme est un sport éprouvant. Qui plus est, il comporte une grande part de danger, notamment à cause du risque permanent des chutes. Celles-ci peuvent être bénignes, le coureur se retrouvant alors avec des plaies plus ou moins profondes. Mais elles peuvent aussi avoir une issue bien moins ?réversible?. Le récent décès de Kivilev a mis la planète cycliste en état de choc et relancé le débat sur le port obligatoire ou non du casque, certains spécialistes affirmant qu?une telle protection aurait sans doute sauvé le coureur Kazakh.
A l?heure actuelle, le casque n?est obligatoire pour les professionnels qu?en Belgique et aux Pays-Bas. Cependant depuis déjà quelques années, on constate qu?une majorité de coureurs a décidé de recouvrir son crâne, notamment dans les étapes rapides de plaines. J?ai personnellement l?habitude de porter le casque. Cela m?a peut-être gêné pendant les premières sorties mais je suis aujourd?hui forcé de reconnaître que je ne le sens plus quand je roule. Pourtant voir tous les coureurs avec un casque n?est pas une idée qui me réjouit. Si cette idée me semble entièrement justifiée pour les courses ultra-rapides de plaine, je pense que les coureurs perdraient une grande partie de leur charisme et de leur identité. Pantini serait-il le même si son crâne était recouvert constamment par un autre élément que son bandana de pirate ? Il est déjà difficile pour le public de distinguer les professionnels qui portent tous les mêmes maillots au sein d?une même équipe et qui ont désormais tous des lunettes de soleil. Cela serait notamment dommage dans les étapes de montagne des courses d?une semaine ou plus : les coureurs décident souvent d?ôter leur casque dans les ascensions pour pouvoir supporter les grandes chaleurs.
Il me semble qu?il faut laisser les coureurs prendre leur responsabilité. Par exemple, sur le Tour de France, Lance Armstrong revêt en permanence un casque lors des étapes de plaine et ne l?enlève que dans les longues ascensions alpines ou pyrénéennes (il le remet très souvent dans les descentes). A propos du Tour de France, on peut déplorer que le parcours de certaines étapes (comme c?est d?ailleurs le cas sur beaucoup d?autres courses) ne soit pas davantage sécurisé. Les premières étapes sont en effet très souvent nerveuses et les ronds points et autres enchaînements d?îlots directionnels sont source de multiples dangers pour les concurrents.
L?UCI vient de décider de rendre le port du casque obligatoire sur l?ensemble des courses du calendrier professionnel, profitant sans doute du trouble actuel des coureurs suite à la mort précoce de Kivilev. Cette mesure sera vraisemblablement effective pour le prochain Tour de France. Vont-ils manifester comme ce fut le cas en 1991 avec Laurent Fignon en tête de file de ceux qui refusaient de mettre le casque ?
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