Javier Otxoa, retour gagnant
le 22/09/2004 - par Romain M. Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !C'est bien plus qu'une médaille d'argent que la basque Javier Otxoa a conquis sur la piste des Jeux Paralympiques d'Athènes. Il a avant tout pris une revanche sur le destin et sur cette voiture qui l'a renversée un jour froid de janvier.
Tout le monde se souvient encore de sa magnifique victoire au sommet de Hautacam en juillet 2000, sous le maillot de l'équipe Kelme. Echappé depuis 156 km, il conserve les forces nécessaires pour résister au retour de Lance Armstrong et remporte à 25 ans la plus victoire de sa carrière cycliste professionnelle.

Début 2001, alors qu'il pédale sur ses routes d'entraînement avec son frère Ricardo, les deux frères jumeaux sont fauchés par un chauffard. Son frère meurt sur le coup et Javier reste un mois dans le coma. Il en sort finalement mais gardera des séquelles neurologiques à vie.

Ce n'est qu'après une rééducation longue de 21 mois pendant laquelle il a dû apprendre à nouveau à bouger, à marcher, à penser, à parler, avant de remonter sur un vélo. Toutefois, en novembre 2002, il remonte sur le vélo et dispute 200 mètres du Critérium International de la Communauté Valencienne pour officiellement faire ses adieux au public et au cyclisme professionnel. Mais seulement au cyclisme professionnel.
Il se lance ainsi dans une nouvelle carrière sportive, en intégrant la Fédération Espagnole de Sportifs Handicapés Cérébraux. Pour garder la santé mais aussi porter haut les couleurs de sa nation. Sa générosité et sa persévérance sont rapidement récompensées, en septembre 2003, lors des Championnats d'Europe Paralympiques en République Tchèque.
Avant-hier, sur le vélodrome d'Athènes, il a pris la deuxième place de la poursuite paralympique derrière le britannique Kenny Darren. Beaucoup de sportifs se contenteraient d'une telle performance, mais Javier Otxoa doit encore disputer l'épreuve sur route et le contre-la-montre des Jeux Paralympiques d'Athènes.
Finalement, la vie a repris son court pour Javier, sans son frère jumeau et avec de nombreuses douleurs qui martyrisent son corps. Il ne peut plus s'entraîner sur ses routes natales sans être suivi par son père en voiture, mais ce n'est pas cela qu'il faut retenir. Javier Otxoa est un modèle de ce que peut être le sport dans ses traits les plus nobles. Un champion au grand cœur.
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