La coupe de France est-elle devenue la compétition des "petits" ?
le 30/01/2003 - par Arnault Prétêt Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !La déroute fréquente des clubs de L1 est révélatrice : l'intérêt pour la coupe de France s'étiole chez les clubs pros. Autopsie d'une mort lente.
Six clubs de L1 en huitièmes de finale : le bilan est édifiant ! Le principe d'une surprise est précisément qu'elle étonne. Or ce principe est aujourd'hui bafoué. Le jour où l'on s'étonnera des qualifications des clubs de L1 est sans doute plus proche qu'on ne le croit !
LA COUPE N'EST PLUS ATTRACTIVE
Premier accusé : le manque flagrant de motivation de nombre de clubs de l'élite. Avec la réforme de la Ligue des Champions, la magie de la Coupe s'est peu à peu dissipée. Désormais, les gros de L1 préfèrent batailler pour une troisième place en championnat, qui est qualificative en C1. Derrière les discours de façade annonçant que le club joue sur tous les tableaux, la motivation des joueurs pros sur le terrain en dit long sur leur envie réelle, inférieure en tout cas à celle de beaucoup de joueurs amateurs. L'enjeu sportif et financier futur d'une hypothétique qualification en C1 prime donc sur l'aventure qu'est la Coupe de France.
Aventure car les aléas du tirage sont aussi toujours présents. La Coupe nous offre ainsi de beaux chocs ou des rencontres haletantes avec à la clé de belles surprises. Seulement, en contre-partie, les ténors de L1 ne s'investissent guère dans les premiers tours : ils préfèrent y aligner leur équipe B car il suffit d'un tirage défavorable au tour suivant pour ruiner leurs espérances. Une fois de plus, ils gardent leurs joueurs vedettes pour le championnat. Ce qui nuit à l'intérêt de la Coupe. Ainsi l'OL a-t-il aligné une équipe bis contre Libourne, et s'est incliné. La méthode de tirage au sort n'aide pas : l'obligation de jouer à l'extérieur contre un club ayant plus d'une division d'écart favorise les exploits. Un Guy Roux notamment s'en plaint depuis des lustres. Conscient des limites de cette règle, les instances de la fédération ont d'ailleurs décidé de la modifier pour l'an prochain : il faudra désormais trois divisions d'écart pour que l'ordre du match soit inversé au profit du "petit".
LA CONCURRENCE DE LA COUPE DE LA LIGUE
Mais la principale raison du désintérêt des clubs pros pour la coupe tient à l'existence de la Coupe de la Ligue. Celle-ci est en effet plus rapide, puisqu'il y a un tour de moins, et surtout plus lucrative. Qui plus est, elle envoie comme la Coupe de France en Coupe de l'UEFA. De nombreuses voix s'élèvent d'ailleurs pour sa suppression. Cette coupe de la Ligue, sans passé ni récit d'exploits et réservée aux professionnels, surcharge un calendrier déjà lourd et fait concurrence à la Coupe de France, riche de souvenirs et d'épopées. Comment oublier, par exemple, le récent fabuleux parcours de Calais?
Enfin, la mort de la Coupe des Coupes a aussi rabaissé le prestige et la particularité de la Coupe. Sans regretter cette compétition, il faut admettre qu'elle était une motivation supplémentaire pour jouer la Coupe.
Pour redonner à la Coupe de son éclat, des mesures draconiennes semblent s'imposer. En premier lieu, la suppression pure et simple de la Coupe de la Ligue. Son intérêt sportif contestable appelle une telle décision. Seulement, comme son nom l'indique, cette coupe est le poulain de la Ligue National de Football, qui voulait avoir "sa" coupe? Seconde mesure : attribuer la troisième place qualificative en C1 au vainqueur de la Coupe de France : voilà un moyen de motiver les clubs de L1 ! Ces deux mesures laisseraient encore deux places en C1 et trois en Coupe de l'UEFA au championnat de L1, ce qui reste appréciable, soit cinq places qualificatives pour la coupe d'Europe contre quatre actuellement. Des mesures qui, hélas, ne sont pas d'actualité...
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