L1: Saint Etienne-Lyon, un derby de folie (1)

le 04/10/2004 - par Arnault P Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !

Le derby référence du football français a tenu toutes ses promesses. Au terme d’un match haletant et au bout des arrêts de jeu, Lyon a réaffirmé sa suprématie régionale en s’imposant 3 à 2 dans l’antre des Verts.

L1: Saint Etienne-Lyon, un derby de folie (1) Jusqu’au bout, les Verts y auront cru… A 2 minutes de la fin du temps réglementaire, les Stéphanois, généreux et combatifs, mènent 2-1 contre le rival lyonnais et tiennent leur succès de prestige. 88ème minute, la défense verte joue le hors-jeu mais laisse Govou partir dans son dos. En face-à-face avec le gardien, l’attaquant lyonnais, intenable hier soir, est fauché par le gardien. Penalty ! La sanction pétrifie d’effroi le public chaud bouillant du Chaudron. Juninho s’avance.. arrêt de Janot ! Mais le Brésilien a bien suivi et égalise pour Lyon. Silence de mort dans le stade, à peine perturbé par les clameurs montant de la tribune réservée aux supporters lyonnais. Le moral en berne, les joueurs de l’ASSE redonnent le coup d’envoi. Loin de se contenter de ce nul, ils jettent leurs dernière forces dans l bataille. Peine perdue, Lyon fait le dos rond et des contres assassins fusent. C’est d’abord Wiltord (prononcez « Ouiltor ») puis Caçapa qui manquent de peu le KO. Au bout des arrêts de jeu, Nilmar glisse le ballon à Govou qui crochète Hognon et fusille Janot. Incroyable : Lyon l’a fait ! Devant 35 000 spectateurs médusés, l’OL est parvenu à inverser la vapeur dans les 5 dernières minutes. Le coup de poignard est cruel pour des Verts méritants. Le réalisme et l’expérience lyonnais on tencore parlé.

Lyon plie mais ne rompt pas encore...
Et pourtant, le collectif lyonnais aura bien été mis à mal et ce dès le coup d’envoi, donné devant un public toujours aussi exceptionnel, témoin un tifo d’anthologie. Attaquant le match pied au plancher, les Verts mettaient la pression sur les buts de Coupet, copieusement hué pour son retour à Saint-Etienne. Feindouno et Piquionne mettaient l’arrière-garde lyonnaise au supplice. Mais les visiteurs ne s’en laissaient pas compter et plaçaient quelques bandrilles. En maître artificier, Juninho exécutait les coups de pied arrêtés. Après quelques coups d’essai, dont un coup franc passé à 5 bons mètres du cadre, le Brésilien ne laissait aucune chance au portier stéphanois. Lyon prenait un avantage guère mérité et déjà on voyait le bloc lyonnais verrouiller le match. Malgré la hargne des Verts, ce scénario semblait se confirmer jusqu’à la mi-temps puisque Lyon bien en place subissait sans souffrir.

La révolte des Verts
Mais au retour des vestiaires, le match était tout autre. Après quelques tentatives lyonnaises, Saint-Etienne sortait de sa boîte et mettait la pression. Et sur 2 coups de pied arrêtés, le match allait basculer. Un corner consécutif à une sortie hasardeuse de Coupet voyait le ballon mal repoussé par la défense lyonnaise. Illunga, l’arrière gauche stéphanois, ne frappait pas mais décalait intelligemment pour Marin qui fusillait Coupet. Geoffroy Guichard chavirait et donnait plus que jamais de la voix. Etouffés par les assauts stéphanois, les Lyonnais reculaient. Et ce qui devait arriver arriva : sur un nouveau coup de pied arrêté, Hellebuyck déposait le ballon sur la tête de Feindouno, oublié par un Bethod pourtant convaincant dans l’ensemble, et donnait l’avantage aux Verts. Dès lors, on ne donnait plus très cher de la peau des Lyonnais.

Parole à l'expérience
Erreur : l’accumulation des matches de haut niveau donne à l’OL une rare capacité de rebondir. Sans s’affoler, les Lyonnais reprenaient le contrôle du jeu et repartaient à l’assaut des buts stéphanois. Les opportunités devant se multipliaient pour les Lyonnais avec les rentrées de Nilmar et Frau mais aussi grâce aux largesses de la défense stéphanoise, témoin des latéraux au supplice. Govou passait comme dans un moulin sur son côté, et même Berthod avait tout le loisir d’ajuster des centres. Pourtant, les occasions n’étaient pas légion. Bien au contraire, puisque les attaquants des Verts Piquionne et Feindouno auraient bien pu tuer le match avec un peu plus de lucidité. C’est alors que survînt cette fatale 88ème minute et le final ahurissant que l’on sait. L’OL s’adjugeait ainsi un match ô combien de prestige. Les Verts, abattus, avaient au moins la satisfaction d’avoir régalé un public qui le mérite bien.

Le couperet n’est donc pas passé loin pour des Lyonnais toujours invaincus cette saison. Avec la victoire de Lille à Rennes 1-0, les Rhodaniens ne prennent pas la tête du championnat mais ont montré qu’ils étaient bien les favoris à leur propre succession. Aux antipodes, Saint-Etienne tutoie toujours le bas du classement, mais avec une telle envie, des jours meilleurs leur sont promis et le maintien en Ligue 1 a des airs de certitude. Au moins pour nous offrir encore de tels derbys !


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