Sport et Argent : ces grands sportifs à l'ombre des projecteurs

le 20/04/2009 - par Damien Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !

On avait l'habitude de classer les sportifs selon leurs compétences, voire leur talent. Parfois même on les gratifiait de prix, tels les ballons d'or. Aujourd'hui, le classement qui prime, c'est celui des couilles en or.

Sport et Argent : ces grands sportifs à l'ombre des projecteurs

L'homme est masochiste. Oui, l'homme a une facheuse tendance à aimer se faire mal. Quand il est heureux, l'homme se doit de trouver une raison d'être triste. Exemple. L'hiver est une période propice à déprimer. Il fait froid, il fait gris, il fait nuit en plein milieu de l'après-midi. Quelques bonnes âmes ont donc eu l'idée fabuleuse d'y coller Noël en plein milieu. On festoie, on mange, on rit, on se retrouve, bref, on entre dans la nouvelle année avec un sourire radieux. Pour qu'on le garde le plus longtemps possible, nos chères autorités gouvernantes nous ont même fait la faveur de ne pas nous embêter avec l'impôt sur le revenu avant le milieu du printemps. C'est fort aimable !

 

Mais au lieu de passer ces quelques mois en compagnie d'un sentiment d'insouciance, l'homme a créé France Football. Qui fait des ravages en début d'année.

 

A la fin du mois de mars, ce magazine bi-hebdomadaire français a pris l'habitude depuis quelques années de publier le salaire annuel des joueurs de foot. On avait l'habitude de classer les joueurs selon leurs compétences, voire leur talent, parfois même on les gratifiait de prix, tels les ballons d'or. Aujourd'hui, le classement qui prime, c'est celui des couilles en or.

 

Aucune allusion, même minime, aux performances des joueurs dans ce classement, non, on parle d'euros, uniquement d'euros, et on en met plein la vue au pauvre lecteur qui, dans sa petite vie, est bien loin de tous les zéros qu'arborent fièrement ces petits héros des temps modernes sur leur chèques annuels. Les mauvaises langues diront qu'il y a autant de zéros sur ces chèques qu'il y en a à la fin d'une journée de Ligue 1. Oui, on se fait mal à lire ces chiffres exorbitants.

 

S'il n'y a pas de référence aux performances sportives des joueurs, c'est qu'aucun rapprochement n'est possible entre résultats et rémunérations. Car aujourd'hui, dans le football, les gros salaires sont surtout le fruit de contrats publicitaires juteux. Certes, la popularité et le rayonnement d'un joueur proviennent encore (un peu) d'un réel talent qui le propulse au sommet de sa gloire, mais rapidement, les sommes d'argent en jeu dans les hautes sphères constituent un fog puant qui, en retombant, pollue tout un sport.

 

A ce moment précis, je devrais me lancer dans une diatribe pleine de jalousie envers tous ces footballeurs qui gagnent des millions pour taper dans un ballon. Non, ce n'est pas le but. Au contraire. Je suis en admiration devant ceux qui arrivent à gérer leur image et leurs millions sans perdre la face. C'est vrai, il faut le reconnaître, c'est un sport à part entière. Je pense naturellement au couple Beckham, une fabuleuse machine à cracher du cash. David a été métamorphosé par Victoria qui l'a littéralement transformé en or massif doublé d'une couche de glamour trash : la recette du succès. Aujourd'hui, David Beckham est plus qu'un sportif, c'est une icône érigée sur un piédestal dont nombreux ont déjà fatalement chuté. Prenez par exemple Laure Manaudou qui a réalisé à ses dépends toute la signification du mythe d'Icare. Prodige adulée, égérie de Lancel, elle a été surpassée par des caprices d'adolescente qui s'exprimaient au nez et à la barbe d'un entraineur abattu. Quelques photos sur Internet ont agi comme une punition, début d'une descente aux enfers méritée. Aujourd'hui, les sponsors lui préfèrent Coralie Balmy qui a longtemps et timidement nagé dans les vagues de Laure.

 

C'est donc tout un exploit de pouvoir gérer cette célébrité et cette fortune, et le succès dans cette tâche appelle à l'admiration. Je serais bien idiot de vouloir critiquer cette catégorie de winners qui est la seule que la France ne conspue pas encore. Pour gagner autant que le premier joueur de L1 en 2008, Karim Benzema, avec 4,9M€, il faut être soit rentier, soit trader, soit PDG. Les rentiers se font tout petit, il ne faudrait pas raviver les pulsions de 1789. Les traders, qui avaient bénéficié d'une période d'allégresse où leur image de golden boys imposait un respect qui faisait taire les plus jaloux, sont aujourd'hui en disgrâce profonde et au chômage : une véritable double peine ! Quant aux PDG, les parachutes dorés crevés par les foudres des polititques, les plans de stock options dénoncés violemment, les cadres séquestrés illégalement et les bénéfices tombant sous une menace de taxation formulée par une Ségolène Royal en manque d'effet d'annonce ont montré que non, il n'était vraiment pas bon d'être PDG aujourd'hui. Donc, de grâce, ne cherchons pas à nuire à ces sportifs qui arrivent à s'enrichir tout en s'accordant le luxe d'une bénédiction populaire. Hé oui, on ne critique ceux qui nous permettent d'aller siroter des bières avec les potes au bistrot du coin les soirs de match...

 

Mais tout de même, il y a quelque chose qui ne va pas dans ce système. Un fléau rampant qui a déjà montré plusieurs de ses ramifications. Et qui m'oblige tout de même à critiquer tout cet argent et toute cette lumière glorifiante qui s'abat sur quelques sportifs de haut niveau. Le problème est la focalisation excessive qui s'exerce sur ces sportifs. Qui dit lumière des projecteurs, dit ombre aussi. Et dans un monde sportif gouverné par les sponsors, qui dit ombre dit misère. La lumière attire les sponsors comme une ampoule attire les moucherons en plein été. L'adage "les riches deviennent toujours plus riches" s'applique pleinement au sport. Pour quelques sportifs chanceux et qui deviennent riches, combien de sportifs pauvres qui se battent férocement pour que leur passion ne soit pas censurée par des raisons financières ? Et en développant encore plus, pour quelques sports phares attirant chaque année des milliers de jeunes rêvant de gloire et d'argent, combien de sports tout aussi respectables laissés sur le carreau ?

 

Remarquez tous ces jeunes qui tapent dans un ballon, avec dans les yeux l'espoir un jour de quitter leur quartier, de rouler dans une belle Ferrari en costume Armani, avec un top model sur le siège passager. Des favelas de Rio aux cages d'escalier de la Courneuve, le seul point de comparaison est ce rêve à la Slumdog Millionaire qui habite les esprits des jeunes. Comment faire en sorte de rendre populaires d'autres sports quand le football, avec son côté show business, phagocyte tous ses voisins ?

 

Vous me direz que l'important au final est que les jeunes s'intéressent au moins à un sport et se défoulent, se réalisent à travers lui. Et que s'il s'agit du foot parce que c'est celui qui fait le plus rêver, c'est déjà bien. Certes. Mais le risque de tuer la diversité sportive chère à Coubertin est bien réelle. Aujourd'hui, les grandes chaînes se battent pour décrocher les contrats de retransmission des matchs de foot et la surenchère amène fatidiquement à amputer les budgets alloués pour d'autres disciplines. Certains sports passent à la trappe. Le football rêgne en maître absolu, alors qu'il est loin d'être le plus intéressant des sports pour tout le monde. Demandez à la gent féminine qui, en dehors des grands championnats mondiaux, ne s'enflamme pas pour le football. De même, les sponsors se ruent sur ce sport populaire et délaissent d'autres disciplines qui se meurent petit à petit. Seuls certains sports resistent encore bien, tels le rugby, le tennis, la natation. Mais à côté, de nombreuses fédérations sportives tirent chaque année la sonnette d'alarme pour mettre en avant la difficulté de recruter de nouveaux membres.

 

Nous tombons dans un cercle vicieux. Car pour beaucoup de fédérations, l'enjeu majeur est constitué par les Jeux Olympiques. Envoyer des sportifs talentueux, ramener des médailles et faire les grands titres des journaux, c'est l'occasion de rameuter de nouveaux adeptes et de nouveaux sponsors. Sans adepte, pas de résultats. Sans résultats, pas de public. Sans public, pas de sponsor, donc pas de rentrée d'argent, donc moins de capacité, donc moins d'adeptes.

 

Dès que l'on fait rentrer l'argent dans le sport, ce schéma est la règle unique et absolue qui gouverne tout le monde sportif. Monde dans lequel les sports sont en concurrence, et où, il faut le reconnaître, le monopole footballistique est, comme tout monopole, la pire des situations possibles.

 

Dernière illustration de cette razzia financière orchestrée par le foot : le perchiste français Romain Mesnil, digne successeur de Jean Galfione, a récemment perdu son sponsor Nike, réduction de coût oblige. Loin de se décourager, le sportif téméraire a eu l'idée très originale de se mettre aux enchères sur la plateforme Ebay pour trouver un nouveau sponsor. C'est OHV, une entreprise d'hébergement de sites web qui a fait la plus grosse enchère avec plus de 16.000 €. Et une deuxième enchère pour les particuliers a permis de récolter des fonds pour une association caritative en profitant du buzz créé. Un très bon coup marketing pour le perchiste, qui n'a pas hésité pour qu'on parle de ce projet à tourner une vidéo de lui nu courant dans Paris, la perche bien droite à la main... Je vous laisse chercher le lien sur toutes les bonnes plateformes de streaming. Belle initiative, en tout cas ! Comme quoi, on peut en avoir, même si elles ne sont pas en or.

 

Cette forme innovante de recherche de sponsor pourrait donner des idées à d'autres sportifs professionnels mais qui n'arrivent pas à vivre de leur passion. On pourrait assister à un nouveau mode de confrontation de l'offre et de la demande dans le monde du sponsoring, où les sportifs se mettraient à disposition des marques qui n'auraient qu'à faire leur choix selon leurs intérêts et leurs envies.

 

La surenchère footballistique des sponsors et des chaînes de télévision contraste hautement avec cette enchère humaine qu'a organisée Romain Mesnil, à un point tel que ces deux extrêmes symbolisent parfaitement la réalité du sport d'aujourd'hui : dans le feu des projecteurs, quelques stars gâtées qui à trop fanfaronner perdent souvent en performance. Tout autour, dans l'ombre, la très grande majorité des athlètes qui font la fierté d'une nation : des gens dévoués à leur passion, avec le goût du challenge, de l'exploit à accomplir et du triomphe modeste. Rappelez-vous Steeve et Christophe Guenot, respectivement médailles d'or et de bronze en lutte gréco-romaine à Pékin, et qui travaillent à la RATP. Le jour où vous croisez Benzema dans le métro, prévenez-moi...


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Chers net surfers,

 

La polémique fait rage, quel petite boule ronde fera fureur cette année? La probématique est simple, celle qui fera 750 quelques menus millions d'euros en France l'an prochain avec des écervelés athlètes uniquement vêtus d'autocollants publicitaires qui courent derrière, ou bien plus conventionnellement, celle jaune sur fond bleu, qui prend claque sur claque? Pas n'importe quelles claques, des maouss à 230km/h. Le petit ballon canard, le marginal, le seul de la famille à avoir été bercé dans une couveuse ovale, qui fera la fête tout ce mois-ci pourrait bien figurer aussi... Petite mais costaud, la cadette au coeur de pierre qui mange des baffes à coup de bois 2 ou de Fer 7 a sa place aussi. Et je laisserais le mot de la fin à notre puncheur vénéré Zimzine Zimdamne national pour un remake des pubs Canal -...

 

Eh oui, c'est la reprise...


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