Un passage à vide
le 16/11/2003 - par Romain M. Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Sur une pluie battante, la France est complètement passée à côté de sa demi-finale face à l'Angleterre (24-7). Et Johnny Wilkinson a réalisé un véritable one-man show en marquant les 24 points de l'Angleterre.
On attendait beaucoup de cette demi-finale, une lutte de haute volée entre les meilleurs ennemis du monde ovale. Comme entre l'Australie et la Nouvelle-Zélande la veille, il n'y a pourtant pas eu de match entre Français et Anglais. Occupation du terrain, possession de la balle, pression en mêlée, récupération en touche, rigueur, le XV de la Rose a surpassé son adversaire du jour. Bien sûr, les Français pourront longtemps gloser sur les conditions climatiques exécrables, ne favorisant pas leur jeu fait de passes et de ballons tout de suite écartés à l'aile. De toute évidence, le temps était le même pour tous, et il faut chercher les véritables raisons de cette cuisante défaite ailleurs.
Le blackout
Les chiffres sont éloquents : 60 % de temps passé dans le camp adverse et 60 % de possession du ballon pour les Anglais, contre 40 % pour les tricolores dans les deux secteurs du jeu. Après vingt minutes relativement bien maîtrisées, les Français ont ensuite sans cesse subi la loi implacable des Anglais, et n'ont pas pu mettre en place ce jeu vif et inspiré qui leur avait permis d'espérer le meilleur pour ce match. Car c'est bien l'inspiration et les ballons qui ont fait défaut à la France en cette sombre soirée australienne. Serge Betsen a bien marqué le seul essai du match sur une balle en touche habilement négociée, mais pour le reste, les Français n'ont jamais mis en difficulté la rigoureuse défense de la perfide Albion.
Trop de ballons tombés, que ce soit sur des réceptions sur des coups de pied de Jonny Wilkinson et de Mike Catt, sur des ballons d'attaque en percussion ou même en mêlée. Trop de coups de pied approximatifs : les Anglais ont souvent joué sur Aurélien Rougerie, dont le jeu au pied est très faible. Trop de fautes aussi. Que dire de ces 2 cartons jaunes ! Des fautes inacceptables : un croc-en-jambe de Christophe Dominici (qui s'est en plus blessé sur l'action) et un plaquage à retardement de Serge Betsen. Jouer 20 minutes sur 80 à 14 contre 15, les Tricolores s'en seraient bien passé face à une armada anglaise opportuniste et bien en place.
The Wilkinson show
Le duel des buteurs a aussi tourné court. La star montante du XV de France, Frédéric Michalak, n'a pas résisté à la pression et a totalement raté son match. 0/4 pour ses tentatives de pénalités, un manque cruel d'inspiration dans le jeu. En face, Jonny Wilkinson a passé 5 pénalités sur 8, et a surtout réussi 3 drops qui ont fait très mal. L'expérimenté Mike Catt a très bien joué son rôle de deuxième demi d'ouverture. Peut-être Bernard Laporte aurait-il dû faire rentrer un centre tel Traille ou Liebenberg pour répondre à la qualité du jeu au pied anglais, surtout sous un tel déluge, mais aussi pour libérer le jeune Michalak d'une charge qu'il a toujours semblé incapable de supporter tout seul durant ce match.
Pour faire bref, la France n'a pas saisi la chance qu'elle avait de plus en plus laissée entrevoir de battre les Anglais. Etouffée la furia anglaise, elle est restée sans réaction, muette dans toutes les phases de jeu. Voilà, Fabien Galthié finit sa carrière internationale sur une bien triste performance de son équipe. Tous, nous espérions une finale France-Nouvelle-Zélande. La mort dans l'âme, nous nous contenterons de cette affiche pour le match pour la troisième place de cette Coupe du Monde 2003. Laissant Anglais et Australiens en découdre pour l'obtention du trophée Webb Ellis.
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