Premier épisode de l'histoire (récente) de la Coupe du Monde de rugby. Du coup de maître de l'International Board à la victoire incontestable des All Blacks, en passant par l'essai de légende inscrit par Serge Blanco, tout est là.
Décidée en 1985 par l'International Board à Paris, cette toute première coupe du monde a été organisée à la hâte en Australie et en Nouvelle-Zélande, dans un semi-anonymat médiatique. Le rugby est encore ancré dans l'amateurisme et l'accès à la compétition se fait sur invitation. La Nouvelle-Zélande, qui a dominé ce sport durant pratiquement tout le siècle, s'impose logiquement chez elle. D'autant plus que la France a balayé son plus coriace adversaire, l'Australie, au cours d?un match de légende marqué par ce formidable essai en coin de Serge Blanco. David Kirk est ainsi le premier capitaine à brandir le trophée William Webb Ellis désormais si convoité.
Un succès populaire lent à se dessiner La Nouvelle-Zélande a trouvé quelques terrains praticables pour cette Coupe du monde décidée au tout dernier moment. Le plus dur n'était pas de trouver ces terrains dans une nation entièrement acquise à la cause du rugby à XV. Par contre, l'International Board permit de franchir l'étape décisive en faisant taire le traditionaliste blocus britannique en 1985 et à monter tambour battant l'événement. Les premiers matches ne fédèrent pourtant pas les foules. Mais, pas à pas, dans la foulée d'un rugby offensif, le public se prend au jeu. Les phases finales recentrent l'intérêt du pays autour des nations-phrares. Les chocs de culture tournent souvent à l'avantage des plus audacieuses des formations. Ce sera la première et la dernière fois, la dernière que le rugby qui gagne n'a pas toujours la même physionomie. En l'absence de l'Afrique du Sud, toujours au ban de la société internationale, les grosses nations de rugby, dont la totalité des pensionnaires du Tournoi des V Nations, sont toutes présentes en quarts de finale.
Des Français attendus au tournant Les Français sont en cette année 1987 les patrons de l'Europe depuis leur Grand Chelem au printemps. Adeptes de ce French Flair qui devient une marque de fabrique, les Tricolores auraient néanmoins préféré une position moins exposée. Peu importe lorsqu'il s'agit d'affronter le Zimbabwe (70-12) ou la Roumanie (55-12). En revanche, ce statut est autrement plus difficile à défendre face à d?ardents Ecossais. Il faudra un essai de voleur de Serge Blanco, qui profite de ce que les Ecossais prennent pour un arrêt de jeu, pour filer et aplatir entre les perches (20-20), évitant ainsi un quart de finale bien plus difficile à passer, contre la Nouvelle-Zélande.
Mais le quart de finale contre les Fidjiens est loin d?être une sinécure. Ces derniers pratiquent un rugby champagne fait de courses croisées, de relances insensées, de passes sur un pas, qui fera trembler la France pendant une heure. Jusqu'à ce que les Bleus resserrent les débats autour des phases de conquête et du combat physique pour l?emporter 30 - 16. Et c?est maintenant l?ogre australien qu?il va falloir défier.
Un essai venu d?ailleurs C?est Eddie Jones, le coach australien, qui aura la plus belle phrase pour qualifier la victoire de l'équipe de France sur sa formation, en demi-finale (30-24) : "Je suis content que l'équipe de France nous ait battus. C'est une fierté pour le rugby ". Il faut se souvenir que le jeu des Français, fait d'audace et de panache, a accouché de ce qui reste encore aujourd'hui comme un des plus beaux matches de l'histoire du rugby. De l'essai de costaud d'Alain Lorieux qui sonne la révolte tricolore, à cet essai "du Bout du monde" de Serge Blanco, parti d'un coup de pied de recentrage de Patrice Lagisquet, et d'une ribambelle de passes, tout n'est que perfection, dévouement, sacrifice.
Un coup d?épée dans l?eau dira-t-on? tant les Français seront loin de pouvoir reproduire l?exploit face à des Néo-Zélandais impressionnants de maîtrise et de puissance. En tout cas, 1987 restera à tout jamais l'année du commencement, du jeu innocent et spontané? l'année où le rugby a su conjuguer tradition et internationalisation. A l'instar du foot et de son mondial récurrent, le rugby donne enfin naissance à un tournoi regroupant les meilleures équipes (16 en 1987) et se déroulant tous les 4 ans.
Rappel des phases finales Quarts de finale Australie 33 ? Irlande 15 France 31 ? Fidji 16 Pays de Galles 16 ? Angleterre 3 Nouvelle-Zélande 30 ? Ecosse 3
Demi-finales Australie 24 ? France 30 Nouvelle-Zélande 49 ? Pays de Galles 6
Le match pour la 3ème place Australie 21 ? Pays de Galles 22
La grande finale Nouvelle-Zélande 29 ? France 9
23/10/2003
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Edito
Chers net surfers,
La polémique fait rage, quel petite boule ronde fera fureur cette année? La probématique est simple, celle qui fera 750 quelques menus millions d'euros en France l'an prochain avec des écervelés athlètes uniquement vêtus d'autocollants publicitaires qui courent derrière, ou bien plus conventionnellement, celle jaune sur fond bleu, qui prend claque sur claque? Pas n'importe quelles claques, des maouss à 230km/h. Le petit ballon canard, le marginal, le seul de la famille à avoir été bercé dans une couveuse ovale, qui fera la fête tout ce mois-ci pourrait bien figurer aussi... Petite mais costaud, la cadette au coeur de pierre qui mange des baffes à coup de bois 2 ou de Fer 7 a sa place aussi. Et je laisserais le mot de la fin à notre puncheur vénéré Zimzine Zimdamne national pour un remake des pubs Canal -...
Eh oui, c'est la reprise...
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