1991 : Le rugby change de visage
le 01/11/2003 - par Romain M. Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Rien ne sera jamais plus comme avant : le rugby est de moins en moins amateur et perd de son innocence. Le niveau de la deuxième édition est très serré et l'Australie s'impose au terme d'une Coupe du monde bien fade.
Vers le professionnalisme
En 1991, le rugby mondial se trouve à une période charnière. Après avoir connu sa première Coupe du monde en 1987, le sport a mis le doigt dans un engrenage que l?IRB souhaitait éviter par-dessus tout : l?entrée dans le professionnalisme, qui interviendra quatre ans plus tard. Une lente évolution statutaire logique corrélative à une évolution dans les états d?esprits, à l?image de cette deuxième édition, organisée en Angleterre, où l?enjeu prendra le pas sur le jeu.
Résultat, on vibre peu dans cette compétition où les défenses sont à l?honneur et l?émotion distillée à dose d?apothicaire. Heureusement, les Samoans apportent un vent de fraîcheur grâce à leur jeu sans calcul et sans complexe. Ils parviennent même à surprendre le Pays de Galles en poule (16-13) et à se qualifier en quarts de finale. Ils sont également les premiers à faire frémir l'Australie, futur et indiscuté champion du monde. Un top 8 où s?invite également le Canada, deuxième d?un groupe dominé par une France invaincue mais tristounette.
Campese, superstar
Tristounette comme l?Angleterre, mais moins efficace que la perfide Albion qui élimine son éternelle rivale française en quarts (19-10). Puis se hisse en finale après avoir effacé difficilement ses voisins écossais (9-6). Le rayon de soleil, il faut le chercher du côté de l?Australie. Tout d?abord puisqu?elle arrache son billet pour les demies au prix d?un match au final époustouflant contre l?Irlande.
Après avoir encaissé un essai à cinq minutes du coup de sifflet final, les Wallabies ont le dernier mot en aplatissant derrière l?en-but lors des ultimes secondes. Menés de trois points, ils jouent à la main une pénalité pourtant facile et finissent par venir à bout du fighting-spirit irlandais.
Ensuite parce que l?Australie compte en son sein un ailier génial : David Campese, premier pro de l?histoire. Ce dernier élimine quasiment à lui seul la Nouvelle-Zélande (16-6) grâce à un essai d?anthologie. Une valeur ajoutée certaine qui permet aux «Aussies» de s?emparer du trophée mondial, au nez et à la barbe des Anglais qui évoluaient pourtant à domicile (12-6).
Un bilan plus que mitigé
Disputée au cours d'un début d'automne grisonnant, cette deuxième épreuve reste la plus décevante à ce jour. Elle se caractérise par une absence flagrante de créativité, de spectacle et de passion. La mutation engagée du rugby le gangrène sans lui apporter encore un second souffle. Les défenses, à l'image de l'Australie, sont intraitables et resserrées, tandis que l'Angleterre développe à son paroxysme sa stratégie de pressing et d'occupation du terrain.
LES PHASES FINALES
Les quarts de finale
Nouvelle-Zélande 29 ? Canada 13
Australie 19 ? Irlande 18
Ecosse 28 ? Samoa 6
France 10 ? Angleterre 19
Les demi-finales
Nouvelle-Zélande 6 ? Australie 16
Ecosse 6 ? Angleterre 9
La finale
Australie 12 ? Angleterre 6
Relire l'article sur la première Coupe du Monde en 1987
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