Festival à l'Athénée
le 11/02/2006 - par Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Festival "Un peu d'Italie" à l'Athénée... 2ème et 3ème volets.
Le Festival
Le cycle Un peu d'Italie est fait de 3 pièces d'auteurs italiens en italien sur-titré français. Il débute le 22 Février et met en scène des incontournables du théâtre italiens.
Sabato, domenica e lunedi du 22 au 26 février
Filumena Marturano du 2 mars au 1er avril
Giorni felici du 5 au 9 avril
Filumena Marturano
La vie n'a pas fait de cadeau à Filumena : famille nombreuse, bas-fonds de Naples, prostitution, concubine trompée, fils abandonnés…
Nous la trouvons, au début de cette pièce, ressuscitée par le mariage qu'elle a enfin imposé, en jouant la mourante, à Domenico. Celui-ci n'aurait jamais songé à régulariser cette paisible union trentenaire. Ce jour-là, elle annonce à son amant qui rechigne à devenir son mari qu'elle a trois fils qui ne la connaissent pas, et qu'il est le père de l'un d'eux. Mais elle ne veut rien savoir : elle ne donnera pas le nom de ce fils. Il doit les prendre tous les trois ou elle disparaît avec eux, après avoir provoqué sa fibre paternelle.
Un plaidoyer de mère, dont les lois ne sont que celles du sang et de l'amour, pour un personnage universel, populaire, grandiose qui parviendra à faire triompher ses valeurs. Adaptée au cinéma par Vittorio de Sica dans Mariage à l'italienne, Filumena Marturano est l'une des pièces majeures d'Eduardo De Filippo.
Filumena Marturano est sans doute la pièce la plus autobiographique d'EDUARDO DE FILIPPO, avec laquelle il offre une revanche à sa mère et donc aux femmes. En effet, né de l'union libre d'Eduardo Scarpetta et de Luisa De Filippo, il reste ainsi "caché" derrière les fils légitimes de son père, et joue toujours auprès d'eux des seconds rôles, au propre et au figuré. Eduardo a écrit le rôle de Filumena pour sa soeur Titina. Traduite du napolitain en plus de vingt langues, c'est aussi la pièce d'Eduardo la plus jouée dans le monde, même si la France ne découvrit vraiment De Filippo que vingt ans après son triomphe mondial. Fabrice Melquiot, qui connaît le napolitain par sa mère, se joint aujourd'hui à Gloria Paris pour nous faire apprécier toute la saveur de son écriture.

Giorni Felici
Pour finir en beauté ce cycle italien à l'Athénée, une pièce mythique et une mise en scène immortelle : Oh les beaux jours de Beckett, dans la mise en scène de 1982 de Giorgio Strehler, avec une grande dame du théâtre italien, Giulia Lazzarini, l'inoubliable Ariel de La Tempesta. L'occasion de découvrir une lecture positive de cette pièce si noire de Beckett. Winnie, dernière survivante d'une apocalypse en cours, à moitié enterrée dans un cratère qui se referme inexorablement, soliloque avec Willie, l'homme de sa vie, qui semble déjà mort malgré ses réapparitions épisodiques. Mais Winnie - interprétée par Madeleine Renaud à la création de la pièce en 1963 à l'Odéon par Roger Blin - possède l'énergie de ceux qui vivent au milieu du chaos. Elle refuse son engloutissement en exécutant les mille gestes de la vie quotidienne : maquillage, toilette, discours d'autosatisfaction. Par son babillage et sa coquetterie, elle se rassure et reste digne, comme ceux qui, atteints d'une maladie incurable, luttent contre la déchéance. C'est sa joie indestructible et sa volonté de vivre jusqu'au bout qui sont la base de l'interprétation de la divine Giulia Lazzarini, à qui Strehler avait demandé de souligner cette force. Car pour lui, "lorsque dans Oh les beaux jours, la poésie crie d'une voix si forte, l'homme ne se nie pas ; au contraire, il s'affirme". "C'est l'art exorciste d'éloigner le mal, de le combattre à coup de petites fleurs. Le petit chapeau rouge, les épaules puissantes, les bras robustes, les mains merveilleuses, pétulantes, parlantes. Regardez Giulia Lazzarini. Vous comprendrez ce qu'est le théâtre : comme un exercice de mémoire pour abattre le temps, ne jamais se rendre." (Franco Cordelli, Corriere della Sera, Rome, février 2004).
Cette production du Piccolo Teatro de Milan sera le premier rendez-vous de l'année Beckett à l'Athénée, qui poursuivra cet hommage avec une autre grande mise en scène-surprise au deuxième semestre 2006…

Les infos pratiques
Théâtre de l'Athénée Louis Jouvet, 7, rue Boudreau dans le IXème.
Métro Opéra, RER A Auber.
Les 22, 23, 24 et 25 février à 20h, le 25 à15 h et le 26 à 16h.
Tarifs : 15€ por l'orchestre et -50% pour les autres catégories, avec réservations possibles auprès de la location (01 53 05 19 19 du lundi au samedi 13h - 19h).
Tarifs dernière minute également (11€ pour la catégorie 2).
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