Griefs
le 15/03/2006 - par none Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Strinberg/Ibsen/Bergman : Grief[s]
La pièce
Une pièce qu'on vous conseille d'aller voir : elle permet d'expliquer l'engouement actuel pour les auteurs nordiques. Elle donne aussi un aperçu de la vision que ces auteurs majeurs ont de la femme. Une réflexion à mener au théâtre...
A partir d'August Strindberg (La Plus forte), Henrik Ibsen (Maison de poupée) et Ingmar Bergman (Les Meilleures intentions). Qu'il s'agisse de Mademoiselle X, de Mademoiselle Y, de Nora ou d'Elmer, tous ces personnages ont en commun l'incapacité de dominer une pulsion dévastatrice née de la rancœur et du ressentiment : le grief.
De la loge de théâtre au temple, ce qui s'échange transporte le danger, la souffrance, mais aussi l'espoir de nettoyer, de cureter des foyers infectieux qui mettent en péril le bonheur et même la vie de ceux qui les ont secrétés. Dans La Plus Forte d'August Strindberg, comme dans Maison de poupée d'Henrik Ibsen, il ne s'agit que de l'essentiel. Que d'édifier l'autre dans ce que l'on sait. Que de se défendre de tout artifice. Que de prononcer les mots dont la portée ronge l'amitié, le couple, la société. C'est au terme d'une longue réflexion que les personnages optent pour la vérité. Une vérité tragique qui se présente comme l'unique alternative à la mort.
Strindberg et Ibsen sont les pères fondateurs d'une dramaturgie moderne et poétique dont Ingmar Bergman est imprégné et qu'il diffuse dans ses plus grands films comme dans Les Meilleures Intentions, son roman de l'âge mûr, qui autopsie la relation défunte du couple détruit.
Le grief est humain parce qu'il fait appel à la mémoire. Il est dangereux parce qu'il alimente en violence des êtres déchirés. Il est complexe parce qu'il prend sa source dans d'infimes détails dont l'inconscient s'empare avec avidité. Donc, il est théâtral.
Les infos pratiques
Comédie Franaçsie, Studio-Théâtre, place de laPpyramide inversée, Carrousel du Louvre, 99 rue de Rivoli. Métro Louvre Rivoli, Palais Royal.
Du 16 février au 2 avril 2006, représentations :les mercredi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche à 18h30
Relâche lundi et mardi
vers Mag'
