La Belle et la toute petite Bête
le 20/01/2003 - par Jack Il y a 1 commentaire, n'hésitez pas à réagir !La Belle est bête et la bête aussi : tout ne va pourtant pas pour le mieux !
Une légère remarque liminaire : L'autre nom de l'Opéra comique est "Théâtre musical populaire". C'est gênant. Jouons les puristes. Un opéra est un ouvrage mis en musique et en chants sans dialogue parlé. Passons pour l'instant sur le comique, sujet à la subjectivité de chacun. Un théâtre est, comme son nom l'indique, une construction ayant pour fonction de repésenter des pièces de théâtre, c'est-à-dire des suites d'événements composés de dialogues ou de monologues, bref de passages parlés par les acteurs. Sans parler d'antinomie, les deux termes ne se rejoignent, originellement, pas.
La Belle et la toute petite Bête est-elle un opéra ou une pièce de théâtre, le genre reste à définir, dans la mesure où le terme de comique, à savoir qui suscite le rire, ne semble pas adéquat. Disons qu'il s'agit d'un spectacle joué et accompagné de musique, permettant à Arielle Dombasle, la Prima Donna des temps modernes, de redorer un blason tombé en friche. Elle qui souhaitait changer son costume de poupée Barbie pour un costume moins voyant, elle y est parvenu avec succès : finie Barbie, bienvenue pin-up en robe transparente. Quant au prince charmant Ken, il s'est malencontreusement transformé en nain chauve fier de l'être. A croire que seule la beauté intérieure compte. On se croirait presque en plein compte de fée. Mais ne vous y fiez pas, ce n'est qu'une apparence. Derrière le mélange du septième nain de Blanche-Neige, des danses russes, de la Belle recluse, se trame un véritable arsenal de kitsch et de ridicule. Nous sommes bien loin de la monstruosité de la vraie Bête et encore plus loin du charme de Jean Marais. Tout est mignon, gentil, une sorte de Oui-Oui avec plus de couleurs et de la musique. Le nain dans le rôle de Oui-Oui (il en a même le bonnet rouge), Arielle Dombasle dans celui de madame Guenon. Car le rôle de pin-up ne sied pas si bien à Arielle Dombasle. Les danseuses qui animent la vie de son château sont bien plus attirantes.
Malgré les affres des personnages, Savary fait toujours tonner son talent : en particulier le mic-mac des situations et des rôles. La Belle vit dans le château, et la Bête recluse au fond des Bois (juste retour des choses ?). Mais la Belle n'est finalement qu'une apparence : elle incarne la beauté extérieure, ce qui frappe d'entrée, ce pour quoi les princes se battent depuis dix ans, tandis qu'au fond des bois, Blache-Neige, cachée depuis vingt ans, derrière un masque de laideur et de méchanceté, attend le baiser féérique pour rétablir le vrai fil du conte. Savary donne ainsi au baiser amoureux une ampleur qu'il n'avait ni dans Blanche-Neige, ni dans La Belle et la Bête. Il lui confère, à lui seul, et à rien d'autre, le pouvoir de rétablir l'ordre des choses, en faisant du conte une réalité. Savary semble pêcher là où il sait d'habitude se distinguer : ancrer dans la mémoire du spectateur un petit bout de musique. En fait, l'on se souvient bien d'une phrase : "Je suis un nain", mais sans vraiment pouvoir y rattacher un air. Savary sacrifie ici son talent sur l'autel du kitsch, et c'est un grand mal pour ce spectacle décevant.
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1 commentaire(s)
c'est merveilleux
par , le 2007-06-02 18:16:00
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