La Cage aux Blondes
le 22/11/2005 - par none Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Texte: Aurélia Petit, Lazare Boghossian, avec : Marie Payen, Aurélia Petit
Pièce déjantée pour habitués :
Ni dieu, ni maître, ni teinture
À Marilyn Monroe, incarnation de la « blonditude » et icône absolue, Joyce Carol Oates consacre en 2000 un roman biographique intitulé Blonde. Le compositeur John Cage quant à lui explique sa recherche musicale en évoquant des barreaux de prison qu'il n'aura jamais cessé de rogner pour se retrouver sans cesse dans des geôles plus vastes, prisons de conventions à détruire.
Aujourd'hui, de ce côté-ci de l'Atlantique, les comédiennes, chanteuses et musiciennes Marie Payen et Aurélia Petit s'inspirent des cages de Cage, qui préférait les accidents poétiques aux calculs savants, et de la blondeur de Marilyn, asservie jusqu'à la mort au business monstre du spectacle hollywoodien. Blondes en cage sous des lumières de music-hall, elles foulent un plateau jonché de costumes et autres accessoires, sortis des malles du Théâtre National de Chaillot, entre autres déchets magnifiques de l'histoire du spectacle vivant. Armées d'une boîte à rythmes, d'une guitare électrique et de trésors d'inventions, Aurélia et Marie se font alchimistes. Objectif de leurs manipulations : dynamiter les cadres, abattre les codes, dégonfler les ego, transformer les accidents en instants bruts de théâtre. Comme Scapin sans maître, comme deux Bonnes sans Genet ni Madame, les actrices-performeuses recouvrent leur état sauvage de découverte et de création. Elles bidouillent jusqu'à la charpente de la fabrication du spectacle. Elles transforment l'espace théâtral comme les règles du jeu, en demandant notamment à trois metteurs en scène aux exigences différentes de venir tour à tour modeler leur Cage aux blondes. Objet libre, à la marge d'un classement définitif, la proposition s'appuie sur un texte cosigné par Aurélia Petit et Lazare Boghossian.
Création collective, joyeusement chaotique, l'expérience de La Cage affranchit momentanément les créatures blondissantes, objets domestiqués, réceptacles souvent involontaires des projections les plus érotiques comme de la hargne des brunes complexées.
Pierre Notte
Les Infos pratiques :
Studio - Théâtre National de Chaillot (métro Trocadéro, ligne 6)
17 novembre au 11 décembre 2005, 20h30 / dimanche 15h
Relâche lundi
rencontre publique avec les artistes à l'issue de la représentation du jeudi 24 novembre
Plus d'infos sur le site du théâtre
Tarif billetterie DesART : 9€
vers Mag'
