La Rose et la Hache
le 08/11/2004 - par Laure Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !D'après « Richard III » de Shakespeare ou l'horrible nuit d'un homme de guerre de Carmelo Bene.
Ce qui frappe le spectateur dès les premières secondes, c’est que cette pièce est d’abord un plaisir pour les yeux et les oreilles. Les voix sont chaudes et envoûtantes, elles forment une musique en elles-mêmes, et un silence attentif envahit la salle.
Les déplacements et chorégraphies constituent une sorte de ballet où jalousie, haine et folie s’expriment dans un mouvement perpétuel. Pourtant, ce tourbillon est entrecoupé de tableaux où les personnages paraissent réfléchir sur leur propre rôle, méditation immobile qui semble tout droit sortie d’un tableau.
Ainsi, la recherche esthétique se met au service des émotions et des sentiments, de la cruauté du mépris et de la haine de Richard pour tous ceux qui constituent à ses yeux un obstacle à son accession au trône. L’avidité du pouvoir le rend fou, fou de pouvoir et avide de sang. Il s’ingénie donc à tuer méthodiquement ses proches, monstruosité hypnotisante, puisqu’il parvient à se faire aimer de Lady Anne dont il a tué le mari !
La mise en scène, quoique parfois déroutante ( pourquoi tout à coup des masques de souris…. ? ) est toujours extrêmement soignée, et on se laisse emporter dans cette histoire tragique, symbolisée par le rire fou et entêtant de Richard. On sort tout de même soulagé après avoir vu ce personnage sanguinaire mourir lui aussi au combat ; il ne pouvait en effet mourir que dans la violence, mais c’est le lot de tous les rois.
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