L´homme en question, de Félicien Marceau, avec Sardou et Fossey
le 14/10/2002 - par Nyctalope Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Dans son nouveau théâtre, Michel Sardou campe un homme bougon qu'une jolie blonde éprise d'honnêteté intellectuelle vient sermonner sur son comportement passé.
Ce fut un peu longuet. Le théâtre de la Porte Saint-Martin est d?ailleurs assez inconfortable : peu de place pour les jambes, des fauteuils enfoncés, aux dossiers trop droits et trop courts. Heureusement, les tableaux (également au sens propre puisqu?ils encadrent la scène) font apparaître un voisinage certes caricatural mais tellement drôle. Les saynètes apportent vraiment un souffle de fraîcheur à la poursuite de la réflexion.
Pour la petite histoire, Michel Sardou est pris d?insomnie. Sa conscience (« Madame ») le rattrape en pleine nuit et le fait revenir sur tous ses moments de cruauté et de mauvaise foi envers autrui. Elle les lui fait revivre grâce à des reconstitutions : son premier amour, son premier job, la cohabitation avec sa fille et son gendre, les tentatives de séduction de ses voisines? Les autres personnages sont d?ailleurs ceux qui maintiennent notre attention. Il est amusant de voir, interprétées à dix secondes d?intervalle, les versions différentes de la même scène, selon le souvenir qu?en a gardé l?intéressé. L?idée de base était captivante : avoir le courage de se regarder en face, sans se mentir, et reconnaître des actes et des pensées qu?on n?aurait pas voulu rencontrer chez l?autre. Mais la mise en scène ne crée pas assez de connivence entre les acteurs et les spectateurs.
Brigitte Fossey force sa voix haut perchée et finit par crisper. C?est le but recherché, vraisemblablement, puisque son rôle est de pousser Monsieur Jaune dans ses derniers retranchements. Michel Sardou, sous le coup de la surprise, râle mais manque de punch et ça endort. La salle rit plutôt peu malgré le soin du dramaturge à introduire des gags faciles au-dessous de la ceinture. L?essentiel est noyé dans des détours autour du pot, alors qu?il pourrait être dit plus directement et la déclamation manque vraiment de naturel (j?entends par là, qu?on a du mal à s?identifier au personnage, ou du moins à entrer dans l?histoire).
Théâtre de la Porte-Saint-Martin (10ème arr.)
Le mardi à 19h30; du mercredi au vendredi à 20h30; le samedi à 17h30, 20h30; le dimanche à 15h.
0 commentaire(s)
Ecrire un commentaire
En validant, j'accepte les conditions générales d'utilisation du site.
vers Mag'
