Le Roi se meurt
le 07/12/2004 - par Dorothée Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !d’Eugène Ionesco, Théâtre Heberto. Mise en scène : Georg Werler Avec : Michel Bouquet, Juliette Carré. Là où le théâtre de l’absurde fait rire et réfléchir à travers l’histoire d’un roi qui ne voulait pas déposer sa couronne…
Le sujet est un peu sérieux : on vient voir un roi qui ne veut pas mourir se résigner à abandonner tout pouvoir et à quitter la vie. Mais on rit beaucoup ! On rit grâce à la virtuosité de Ionesco : le texte n’a pas pris une ride; on se croirait à la fois pendant la première guerre mondiale et dans notre vie quotidienne, on s’interroge sur notre propre mort. On rit grâce à la mise en scène de M. Werler : le trône est déjà branlant, nous ressentons autant que les personnages les courants d’air et le royaume s’affaisse sous nos yeux à la fin de la pièce. On rit enfin grâce au jeu brillant des acteurs. Michel Bouquet est excellent dans le rôle du vieux roi, tour à tour grave et léger, fort et faible. Mais le reine Marguerite lui volerait presque la vedette tant son discours haché, cinglant et réaliste fait mouche, sans parler de son costume élimé de sorcière qui en dit long sur le personnage (« Mais oui, on te dit que tu vas mourir ! Dans 1h32 exactement, sur cette scène, devant ces gens »).
Seule ombre au tableau : la fin se fait un peu attendre. Le dernier quart d’heure on se demande si oui on non le roi va finir par desserrer le poing où il tient toute sa vie enfermée !
En bref, c’est une pièce bien menée. Le spectateur s’interroge, rit et profite des clins d’œil de l’auteur. Le théâtre de l’absurde réussit ici un subtil mélange entre le rire et la réflexion…
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