Putain de soirée
le 25/11/2002 - par Jack Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Théâtre du Gymnase Avec Darry Cowl, Anémone et Patrick Chesnais. LE MAILLON FAIBLE ?
Darry Cowl, Anémone, Patrick Chesnais. 5 minutes, on appelle cela de la théâtre comique populaire, au-delà, c'est de l'ennui : une superposition de gags répétés de plus en plus gros comme si la redondance était l'art du rire. Malheureusement, elle ne l'est pas, ou tout au moins, pas ici. Du haut de son âge avancé, Cowl regarde sa carrière et semble l'apprécier car il continue à jouer et rejouer toujours le même rôle. AU bout d'un moment, cela devient quelque peu lassant.
L'histoire est on ne peut plus triviale : Patrick Chesnais, marié à Anémone, se trouve à deux doigts du divorce, de la pauvreté, de l'abandon de tous, bref de tous les malheurs du monde. Son unique espoir en termes pécuniaires réside dans le rachat de son hôtel particulier (le lieu de la pièce) par un autre couple qui, justement - quelle coïncidence !!! - vient dîner ce soir. L'appartement doit être parfait pour les accueillir, évidemment, il ne le sera pas. Au fil de la pièce, tout va être détruit. L'histoire est insignifiante. Soit. Le problème principal toutefois n'est pas là : l?inconvénient de la pièce, qui semble d'ailleurs en tirer sa gloire, tient à ce que l'on devine tout avant que cela arrive : des marques visibles à l'oeil nu, emplacements des futures destructions, sont présentes partout dans le décor. La pièce ne se veut évidemment pas sérieuse (comme pourrait-elle le vouloir ?), mais elle fonde son soi-disant comique sur des répétitions grossières et inutiles de faits insignifiants : il y a trois fenêtres au premier étage du décor ; en dix minutes, Darry Cowl tombe successivement du haut de ces trois fenêtres. Pourquoi ne tombe-t-il pas toujours par la même ? Facile ! Les trois DOIVENT être cassées, le cas échéant, le rire engendré (?) pourrait se faire moins grave. Car là est un autre point frappant ; dans la salle, certaines personnes se gaussent d'un rire grave et bruyant, qui n'est d'ailleurs pas sans évoquer certains joueurs de rugby après une soirée Foy's. Regardez bien ces gens (je parle des spectateurs, pas des rugbeux) : ils sont quasiment tous identiques, bon embonpoint, pas très grand, le crâne dénudé (à l'extérieur, je précise, loin de moi, l'idée d'en juger l'intérieur), bien avachis dans le fond de leur siège.
A bien y réfléchir, ce n'est même pas du théâtre simplet, c'est une pièce lourde, pesante, avec cependant un entracte (un avantage : on peut s'en aller au milieu), les acteurs ont l'air idiots dans la mesure où, conscients des péripéties, ils n'ont aucun avis raisonnable dessus, et ce, même dans les limites de ce que réclame le théâtre grotesque. Bref, une pièce à éviter absolument, à moins que vous soyez tombés sous le charme physique d'Anémone, mais j'en doute... Pour ceux qui ne serait toujours pas convaincu du danger intellectuel que peut représenter cette pièce, notez-bien qu'elle est sponsorisée par TF1, la chaîne de mamie Boccolini, et Rires et Chansons, la radio des vulgaires et autres recalés de l'école du rire.
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