Savannah Bay, de Marguerite Duras, avec Catherine Samie et Catherine Hiegel. Comédie française.
le 23/09/2002 - par Jack Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Une pièce moderne à la Comédie française : évolution positive du traditionalisme théâtral ou déclin ennuyeux ?
Reprenons les mots du Pariscope : une pièce où "les silences sont aussi éloquents que les paroles". Au cinéma, le silence passe très bien, certains en ont même fait le titre de leur film ; au théâtre, cela passe déjà moins bien, à moins que les acteurs adoptent un jeu particulier, des mimiques, une gestuelle éblouissante. Mais ici, rien de tout cela, excepté un silence gênant et incompréhensible. On se croirait presque dans un film de Lynch, mais sans le décor, sans histoire, et sans travail de la caméra. Bref, on se retrouve rapidement dans une sorte de brouhaha inaudible, dont les allusions entre les deux personnages nous échappent complètement. L'histoire - si tant est qu'il y en ait une - se résume à peu près à ceci : une actrice de théâtre, aujourd'hui âgée, aurait à elle seule la compréhension globale du monde, mais seulement par fragments éparpillés. Quelques mots semblent jouer les indicateurs, en ce sens qu'ils reviennent sans cesse, et qu'ils provoquent chez les deux personnages une réaction instantanée, entre autres : "La pierre blanche" et "Savannah Bay". Pour ce qui est de la signification de ces termes, je vous conseille de vous adresser directement à l'auteur, ou alors directement à Madame Soleil. On a beau se dire que Marguerite Duras est un grand nom de la littérature française, cela ne nous autorise pas forcément à tout apprécier d'elle. La différence principale cependant entre Lynch et Duras, c'est que quelqu'un qui ne comprend pas Lynch va clamer que c'est incompréhensible et pas conséquent mauvais, tandis qu'il va applaudir la pièce de Duras en estimant le surplus d'intelligence d'une femme qui a effectivement plus fait pour la Comédie française que David Lynch. Evidemment, l?on peut estimer que nous vivons un moment hstorique : pour la première fois à la Comédie française, seuls deux acteurs sont présents sur scène, qui plus est dans une pièce moderne, mais rien n?y fait. Que l'on se rassure, la pièce ne dure qu'une heure un quart, et il y a toujours Dom Juan en alternance, alors faites semblant de vous tromper de jour et allez voir Molière.
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