Signé Dumas
le 24/11/2003 - par Aurélie Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Signé Dumas Au théâtre Marigny-Robert Hossein, salle Popesco. Une pièce de Cyril Gely et Eric Rouquette, mise en scène par Jean-Luc Tardieu, avec Francis Perrin, Thierry Frémont, et Maxime Lombard.
Signé DumasNous sommes en février 1848. Alexandre Dumas, à l'apogée de son succès, semble mener une collaboration sans problème avec Auguste Macquet : l'un a l'inspiration, l'autre rédige, et les oeuvres obtenues sont grandioses. Mais une querelle éclate entre les deux hommes : Macquet, las de subir les caprices de Dumas, revendique sa paternité sur les oeuvres signées par ce dernier. Peu à peu va s'établir un rapport de force : d'insultes en menaces, lequel aura le dernier mot ?
Un an après le centenaire de la naissance d'Alexandre Dumas, cette pièce contribue-t-elle à mettre en doute le génie de l'un des plus grands auteurs de la littérature française ? Cela irait à l'encontre de la tradition française qui aime à faire de ses auteurs classiques des monuments littéraires, comme on a pu le voir l'an dernier avec le bicentenaire de la naissance de Victor Hugo. Mais la pièce est juste : si elle rend droit à ceux qui, comme Macquet, travaillent dans l'ombre, le génie de Dumas n'est pas remis en question.
La pièce pose néanmoins les bonnes questions : quelle est la part de chacun des deux hommes dans le succès des oeuvres ? Et c'est par le jeu des acteurs que l'on prend conscience de la difficulté d'y répondre. Francis Perrin en effet est génial en Dumas égocentrique, mégalo, opportuniste et parfois grossier ; Thierry Frémont, dont on attend la montée en puissance dès le début de la pièce, nous présente d'une façon très fine un Macquet d'abord soumis, discret et effacé, qui va ensuite devenir une véritable menace pour Dumas. Ainsi le rapport dominant/dominé entre les deux hommes s'inverse.
Et l'on pourrait pourtant avoir l'impression du contraire : à la fin de la pièce, il semble que l'on soit revenu au point de départ, et que malgré toutes ces paroles échangées, Macquet redevient le souffre-douleur de Dumas. Mais en vérité les choses ont changé ; en dépit des apparences, Dumas a pris conscience de ce qu'il doit à son fidèle collaborateur.
Alors même si l'on pouvait reprocher à Signé Dumas de manquer de coups d'éclat, de personnages extérieurs, bref, d'oxygène, car il est vrai que le sujet de la pièce est étroit, pour moi ce choix se justifie par la finesse d'un rapport humain brillamment mis en scène, et c'est un choix que l'on ne regrette pas.
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