L'amour des trois oranges, Prokofiev
le 09/12/2005 - par none Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Attention CHEF D'OEUVRE ! L’Amour des trois oranges met en scène un prince mélancolique qu’une méchante sorcière condamne à poursuivre trois oranges à travers le monde.
L'oeuvre
Le livret est tiré d'une pièce de la commedia dell'arte de Carlo Gozzi que Prokofiev découvrit dans une revue du grand homme de théâtre russe V. E. Meyerhold, elle-même intitulée L'Amour des trois oranges. Il met en scène un prince mélancolique qu'une méchante sorcière condamne à poursuivre trois oranges à travers le monde.
Initialement, Prokofiev et Meyerhold auraient dû l'écrire ensemble, mais l'émigration du compositeur, en 1918, ne le permit pas et c'est en collaboration avec Véra Janacopoulos qu'il l'élabora, d'abord au Japon, puis aux Etats-Unis, où l'opéra devait être créé en 1919. Mais la mort subite du commanditaire, Cleonfonte Campanini, directeur de l'Opéra de Chicago, retarda la création de deux ans et ce n'est qu'en 1921 que l'œuvre put enfin voir le jour. Remportant un certain succès à Chicago, elle ne suscita que sarcasmes et incompréhension à New York deux mois plus tard.
Œuvre de transition, écrite à une époque où le genre opéra se cherchait une nouvelle identité, L'Amour des trois oranges doit beaucoup au contexte historique et culturel qui l'a vu naître. Prokofiev y bannit tout réalisme et toute psychologie, au profit de la bouffonnerie et de la stylisation des personnages. Ce faisant, il rompt avec le « théâtre bourgeois » issu du XIXe siècle et propose une nouvelle forme de spectacle, plus proche du rythme cinématographique du XXe siècle, où priment l'énergie, le rythme, la vitesse. Ainsi, dans cette partition pleine d'entrain et de vivacité, ce ne sont pas les airs ou les ensembles qui sont les plus frappants, mais les « danses », « cortèges » et bien sûr la fameuse « Marche » qui a rendu l'opéra célèbre. Et comme l'écriture de Prokofiev fait preuve d'un brio, d'un souffle et d'un sens des contrastes exceptionnels, elle rejoint la recherche de Meyerhold d'un « théâtre intégral », dépouillé des oripeaux du sentimentalisme ou de la lourdeur des allégories philosophiques.

Les infos pratiques
A l'Opéra Bastille
Représentations 5, 11, 15, 17, 19, 21, 23, 26, 29 décembre 2005 20h
Durée du spectacle 2h15 avec 1 entracte
Prix des places 130 € | 110 € | 85 € | 70 € | 50 € | 35 € | 20 € | 9 € | 5 €
vers Mag'
