Le Tartuffe ou L'Imposteur à la Comédie Française
le 12/10/2005 - par Sophie Il y a 1 commentaire, n'hésitez pas à réagir !Un Tartuffe rafraîchissant servi par les comédiens de la Comédie Française, dignes héritiers de la troupe de Molière.
La pièce :
La Comédie Française n'a pas la réputation de surprendre. Son répertoire reste très classique (excepté le très fort et polémique « Heldenplatz » de Thomas Bernhard, entré l'an dernier au répertoire du théâtre), ses sociétaires sont parfaits dans l'interprétation des grands rôles, connus de tous, ses pièces sont jouées et rejouées toujours avec un succès assuré. Pourtant «Le Tartuffe ou L'imposteur » version 2005 surprend : il suffit de se fier aux rires des scolaires qui accompagnent l'entrée d'Oronte, le grand et imposant comédien malien Bakary Sangaré, trouvaille africaine à la voix puissante devenu pensionnaire de la Comédie Française en 2002 ou bien celle de sa mère, très masculine dans son ardeur faussement pieuse, au point d'en être interprétée par… un acteur et non une actrice. L'on pourrait rire aussi du personnage même du Tartuffe, figure du faux dévot hypocrite, habituellement gras et répugnant. Ici, au contraire, le charmeur Eric Génovèse nous fait presque nous étonner de l'indifférence avec laquelle Elmire repousse ses avances. Le Tartuffe reste bien sûr un grand classique de la Comédie Française (3068 ème représentation le soir où je m'y suis rendue !), d'autant plus que cette dernière est née en 1680 de la réunion de la troupe de l'Hôtel de Bourgogne et de celle du Théâtre de Guénégaud, qui n'était autre que l'héritière de la troupe de Molière (mort en 1673); mais cette dernière version de la pièce n'est pas qu'une pâle copie des précédentes. Les acteurs sont parfaits dans une mise en scène simple et efficace. Les décors, même s'ils ne se réduisent qu'à un simple minimum, sont utilisés avec intelligence par une troupe qui nous amuse et qui de toute évidence s'amuse aussi sur scène.
Quant à la pièce elle-même, il n'y a sans doute plus grand-chose à ajouter qui n'ait été écrit, dit et répété. « Le Tartuffe ou l'imposteur » s'est attiré les foudres du clergé au point que l'Eglise refusa d'abord la sépulture religieuse à Molière. Les faux dévots sont critiqués au même titre que le fanatisme dont est victime Oronte, aveugle face aux évidences, au point de laisser sa femme repousser seule les avances d'un Tartuffe très entreprenant (témoins en sont les cris de surprise et les rires du public scolaire lors de la scène de la table). Le Tartuffe est ouvertement considéré par son metteur en scène Marcel Bozonnet comme la « 1ère pièce de la France moderne » tournée vers le questionnement rationnel sur les abus de la religion.
Alors pourquoi bouder son plaisir ? Pour 5 euros, cette pièce est tout sauf une imposture.
Les infos pratiques :
Spectacle à la Comédie Française – Salle Richelieu, en alternance du 12 Septembre 2005 au 15 Janvier 2006, à 20h30.
Places à 5 euros au guichet avant le début du spectacle (souvent en galeries mais possibilité de se déplacer vers places libres à l'entracte).
1 commentaire(s)
je trouve ces livres super
par r.l stine, le 2006-01-18 14:05:00
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