Fabrice Luchini lit Lafontaine
le 28/03/2011 - par Rosebud Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !« C’est Céline qui avait raison. C’est fin Lafontaine, c’est final. » Fabrice Luchini joue jusqu’en Juin au Théâtre de l’Atelier pour nous faire partager son amour de la langue française et de la littérature. Au programme : Nietzsche, Baudelaire, Céline et bien évidemment Lafontaine. Un spectacle à ne pas manquer.
« J'éprouve un bonheur mélancolique à vivre au milieu de cette confusion de ruelles, de besoins et de voix… ». Forcément quand un spectacle commence avec le chapitre 278 du Gai Savoir (Nietzsche), on sent flotter quelques doutes dans la salle du côté de ceux qui venaient voir un spectacle comique avec un peu de culture dedans. Et lorsque suit «Au Lecteur » (Baudelaire) sans avertissement ni pause, certains dos se raidissent. C’est là que le spectacle commence... Sous la diction de Fabrice Luchini, des textes parfois austères, parfois abscons prennent vie : les fables de Lafontaine nous font regretter les heures d’études scolaires stériles sur des textes si fins ; les textes de Céline donnent envie de lire Voyage au bout de la nuit ; les poèmes de Baudelaire sonnent comme des retrouvailles avec un ami longuement négligé… Entre deux textes, Fabrice Luchini nous offrent milles digressions où il écorche avec verve les hommes politiques, Johnny, les lectrices de Telerama, Johnny, les spectateurs, Johnny, les racailles, …
Luchini nous offre un spectacle culturel avec des passages comiques dedans. Ça change et ça fait du bien. On ressort nourri, avec la ferme intention de se remettre à la lecture (au moins pour le restant de la journée), et on espère surtout que ce ne sera pas la dernière édition de ce spectacle. En bref, un très bon moment où l’on découvre, ou redécouvre un des auteurs les plus (mé)connus de notre patrimoine.
«La Fontaine, il lui suffit de cinq mots pour tout dire. il est encore plus fort que Baudelaire, qui fait parfois de la rhétorique. Lui, il maîtrise toutes les langues, la super savante et le parler de bistrot. Il les mélange, il les arrange, il a des bonheurs d'écriture qui te mettent à genoux, mais jamais il ne nous les casse avec son matos littéraire. Céline a raison. C'est final, La Fontaine.» Fabrice Luchini - Télérama - Janvier 1999
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