rapport de mission 2009

le 23/03/2010 - par Alexandre Juvin Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !

Découvrez ici le tant attendu rapport de la toute dernière mission tuong-laï qui a eu lieu à Hué du 26 juin au 11 août 2009

rapport de mission 2009

 

TUONGLAI 2009 – RAPPORT DE MISSION

 

 

 

                                     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

I)                    Présentation de l’association TUONGLAI :

 

TUONGLAI, qui signifie « espoir » ou encore « avenir » en vietnamien, est une association humanitaire qui a été créée par des étudiants du groupe ESSEC en 2001. Chaque année, les générations précédentes repassent le flambeau aux « jeunes » qui apprennent à gérer seuls une association et vivent ainsi une expérience particulièrement enrichissante, bien sur en termes d’apport humain lors de la mission au Vietnam, mais aussi au niveau de la gestion d’un groupe de 20 personnes, et d’un budget de 15 000 euros environ, tout dépend de ce que l’équipe a réussi à démarcher/récolter pour réaliser son projet.

L’objectif de l’association est de soutenir et développer la formation des jeunes au Vietnam. En effet, nous sommes convaincus que le développement d’un pays passe avant tout par l’éducation de ses forces vives ; TUONGLAI a donc choisi d’attaquer un problème majeur de l’Asie du Sud Est, à savoir celui d’une formation scolaire déficiente. L’objectif de promotion de l’éducation passe par une sensibilisation auprès des jeunes enfants ; cette logique fonctionne particulièrement bien à Hué, ancienne ville impériale qui attache depuis bien longtemps une importance considérable aux études. Malheureusement, malgré cette tendance favorable à l’éducation, les habitants de Hué n’ont pas forcément les moyens d’aller à l’école ou encore, les écoles ne permettent pas de travailler dans de bonnes conditions. C’est alors qu’intervient TUONGLAI. Nous apportons une aide de financement mais cherchons également à améliorer les infrastructures scolaires. Au départ, la mission consistait en la création de ludothèques car nous étions convaincus (et le sommes toujours d’ailleurs !) qu’il était indispensable que les enfants s’épanouissent pour mieux apprendre. Nous nous sommes donc attachés à apporter des jouets éducatifs et à gérer les ludothèques créées depuis la France. Puis la mission originelle s’est enrichie de missions annexes au fil des années et du développement de l’association. On pense en particulier à la distribution de bourses scolaires qui permettent aux familles les plus démunies de financer la scolarité de leurs enfants. Cette activité est maintenant devenue primordiale au sein de l’association car on se rend compte que c’est ce sur quoi les familles que nous aidons comptent le plus. Concrètement, nos champs d’actions se concentrent sur les écoles de la ville de Hué, où se déroule notre mission humanitaire.

Pourquoi le Vietnam ? Ruiné par 30 ans de guerre pour gagner son indépendance, le Vietnam se remet enfin en marche et s’ouvre vers l’extérieur mais la démocratie reste un sujet tabou. Ce pays revient de loin, les infrastructures (santé, éducation, etc.) y sont très réduites ; tout voyage là-bas est donc une aventure. Depuis quelques années tout y change très vite, les grandes villes sont comme impatientes de rattraper le temps perdu et donc en perpétuelle effervescence. Hanoi, par exemple, ne s’arrête jamais. Ce côté positif d’un développement rapide et efficace cache bien sur de grands risques : économie bancale, pauvreté dans les grandes villes, insécurité, etc. Cette double facette d’un pays dans le besoin et en même temps dynamique nous a attiré. Sans oublier que les paysages vietnamiens sont d’une beauté unique…

Outre cet aspect de mission au Vietnam, l’association cherche aussi à promouvoir la culture vietnamienne en organisant des évènements culturels (repas vietnamiens, soirées à thèmes, démonstrations de Thaï Chi, etc.). Par ailleurs, c’est aussi l’occasion pour les étudiants de découvrir la réalité du monde de l’entreprise avec des opérations de démarchage (Colgate, Lafarge, forum de l’ESSEC), de se donner du mal pour une cause qui leur tient à cœur (ensachage) et de s’adapter à une équipe pour optimiser le fonctionnement de l’association.

 

 

II)                  En quoi consiste la mission TUONGLAI (26/06/09 - 11/08/09) ?

 

Nous renouvelons/créons des bourses scolaires pour les élèves dont les parents n’ont pas les moyens de financer leur scolarité. Cet aspect de la mission est le plus important et celui sur lequel les habitants de Hué comptent le plus. En effet, si les bourses mises en place l’année précédente ne sont pas renouvelées, certains élèves se verront obligés d’abandonner l’école. TUONGLAI essaie de mettre en place une aide pérenne. C’est pourquoi nous insistons d’abord sur le renouvellement des bourses déjà mises en place afin de mener une action en profondeur. Le montant des bourses varie plus ou moins selon l’âge de l’élève et l’école dans laquelle il étudie. Mais en général, une bourse scolaire s’élève à 1 250 000 VND (Vietnam Dongs) par élève, ce qui équivaut à 50 euros. Elle permet de financer sa scolarité pendant un an, les livres scolaires non fournis par l’école et l’uniforme d’été obligatoire. L’uniforme d’hiver n’entre pas dans le budget. Concrètement, nous avons des réunions avec Duc (notre contact sur place) et les directeurs des écoles pour faire le point sur les bourses de l’année précédente. Si des boursiers quittent l’école primaire pour aller au collège, nous ne prenons plus en compte ses frais de scolarité et nous offrons alors la bourse à un autre élève primaire dans le besoin. Pour tous les autres boursiers qui restent en primaire, nous renouvelons les bourses. Nous organisons aussi une cérémonie de remise de bourse. Cela consiste en une sorte de réunion avec les élèves, leurs parents, les professeurs et les membres de TUONGLAI où nous remettons aux enfants un symbolique « reçu » signifiant qu’il bénéficiera bien d’une bourse. C’est particulièrement émouvant car les parents peuvent intervenir à la fin de la cérémonie, poser des questions, etc. Et le plus souvent, ils nous remercient pour l’aide qu’on leur apporte, ils sont souvent très timides et n’osent pas prendre la parole. A chaque fois, ca m’a beaucoup émue et on avait tous les larmes aux yeux. Au fond, on ne se rend pas compte quand on récolte de l’argent pendant l’année que c’est aussi important pour eux. J’ai été particulièrement touchée de voir qu’on était vraiment utile et que ces gens et ces enfants avaient réellement besoin de nous. Notre action ne se limite pourtant pas seulement aux bourses même si c’est l’objectif initial et donc l’action principale de l’association.

 

 

Nous veillons aussi à ce que les infrastructures scolaires soient en bon état et qu’elles permettent aux élèves de travailler dans de bonnes conditions. Pour cela, nous visitons toutes les écoles de la ville (une trentaine) pour savoir ce qui leur manque et évaluer leur état. Ensuite, nous votons la répartition du budget entre ces différentes écoles. A partir de ce moment là, suivant le budget imparti aux écoles, on procède à la distribution du matériel/mobilier scolaire (étagères, chaises, livres, jeux éducatifs, etc.) préalablement acheté et donc négocié ! Puis nous choisissons l’école la plus délabrée pour la rénover. A ce moment là, la distribution doit être terminée. Nous avons alors suffisamment de temps pour nous consacrer pleinement au chantier et aux bourses scolaires. Dans le cadre de notre mission, nous sommes en contact avec une personne du Comité Populaire de la ville de Hué. C’est l’organe du parti communiste qui gère les affaires de la ville. Nous avons travaillé avec Duc, qui connait TUONGLAI depuis sa création en 2001. Il a été adorable, d’une aide précieuse et très accueillant puisqu’il allait jusqu’à nous inviter à diner chez lui (nous étions 20 !). Pour ce qui est de la rénovation d’une école, cela s’est passé de manière un peu particulière pendant notre année. En effet, normalement, le Comité Populaire nous donne une liste d’environ 30 écoles à visiter, qui dépendent toutes de son champ d’action. Mais nous avons trouvé qu’aucune n’était véritablement délabrée. En posant des questions à nos interprètes, on a fini par savoir qu’il y avait des écoles dans un état bien plus critique mais qui n’appartenaient pas à la circonscription de la ville de Hué. C’est donc pour ça qu’elles ne figuraient pas sur la liste. Nous sommes donc allés les voir avec nos interprètes, et là, il n’y avait pas photo, c’était sans comparaison possible avec les autres écoles. Nous avons donc décidé de venir en aide à une école de la campagne, dans un état de délabrement avancé. Les salles de classes n’étaient pas séparées par de vrais murs donc on entendait le cours d’à côté. Les sols étaient très abimés, la peinture à l’extérieur était à moitié partie, etc. Notre objectif : repeindre l’extérieur, carreler 2 salles de classes et les repeindre. Nous avons soumis notre projet à Duc qui n’a pas tiqué mais on a appris plus tard qu’il avait grondé les interprètes parce qu’il voulait que la mission soit profitable à la ville de Hué et non aux campagnes… Nous nous sommes rendus compte à plusieurs reprises que l’emprise du parti était omniprésente. Nous le verrons avec le microcrédit. Le chantier a duré environ 3 semaines. C’était assez dur car très physique. Faire du ciment, on ne se rend pas compte mais c’est très fatiguant, surtout quand c’est la première fois. Poser du carrelage, n’en parlons pas. La peinture restait l’activité la plus facile. Bref, on a eu des surprises, on a du recommencer la pose du carrelage plusieurs fois mais on ne s’est pas découragé et on a travaillé comme des fous, sous une chaleur à mourir mais dans une ambiance très très gaie !

Le résultat était là, le personnel de l’école et les élèves ont été ravis, ce qui a été une bonne récompense pour nous.

 

TUONGLAI fait également de l’animation dans un orphelinat. Nous nous relayons pour qu’il y ait chaque après-midi 5 étudiants qui s’occupent des enfants. C’est un des aspects de la mission qui m’a le plus plu. Les enfants que nous gérions avaient de 2 mois à 13 ans. Ils étaient une bonne cinquantaine. Ils étaient tous tellement enthousiastes de nous voir qu’en quelque sorte, ils nous transmettaient leur joie. Du coup, il y avait une ambiance incroyable ! On jouait à tout et n’importe quoi avec eux. Au foot, à la poupée, à se faire coiffer (surtout les blondes !), à leur faire des câlins, à leur apprendre des chansons, à chat, à 1, 2, 3 SOLEIL!, à cache-cache, etc. Si au début, ils étaient un peu méfiants, ils nous ont vite acceptés et nous ont beaucoup amusés avec la diversité de leurs caractères. Globalement, j’en retiens une grande fraternité entre eux (les petites filles de 12 ans passent leur journée à s’occuper des nourrissons par exemple), ils se disputent souvent mais il y en a toujours un plus âgé qui calme les troupes. Et ils sont toujours contents, ils sourient tout le temps, ils respiraient vraiment la joie de vivre. Je sais bien que c’est normal à leur âge mais avec leur situation ça aurait pu ne pas être le cas. Bref, nous avons passé de très bons moments tous ensemble, ils nous ont fait de beaux dessins pour nous remercier de la fête qu’on leur a organisé la dernière semaine. Et quand nous sommes partis, des scouts nous relayaient donc je pense qu’ils ont dû continuer à bien s’amuser. L’animation auprès de ces jeunes vietnamiens a vraiment été une très belle expérience et nous avons tous été très satisfaits de pouvoir les faire sourire!

 

La particularité de TUONGLAI 2009 réside dans son pôle microcrédit. En effet, si en 2008, l’association regroupait moins de 15 membres, elle en comptait 19 en 2009. Il fallait donc créer une nouvelle activité pour occuper tous les étudiants et élargir ainsi notre champ d’action. Nous avons alors décidé de mettre en place une structure de microcrédit. Après un démarchage laborieux, Gesmar a fini par nous donner 3 000 euros pour le microcrédit. Nous avons donc, pour la première année, mis en place une aide aux personnes démunies pour les aider à réaliser des projets sérieux, qui leur tiennent à cœur et qui vont les aider à mieux vivre mais qu’ils n’ont pas les moyens de concrétiser. Concrètement, ce système a été mis en place avec le Comité populaire de Hué. Ils nous indiquaient les familles susceptibles d’être intéressées, nous allions les rencontrer, nous leur présentions l’objectif de notre pôle microcrédit (« Business for people ») et nous validions ou non leur projet. Mais, Gesmar avait établi une contrainte, à savoir : choisir des familles ayant un lien avec le chemin de fer, le transport, etc. Nous avons donc longuement cherché des familles répondant à cette contrainte, tout en étant pauvre et avec un projet correspondant aux exigences du microcrédit. Cela s’est évidemment avéré impossible dans une ville de la taille de Hué où nous partions de rien, à part une liste du Comité populaire (donc avec des gens choisis car ils étaient membres du parti mais pas forcément car ils avaient besoin de notre aide) où ne figurait aucune famille de cheminot… Nous avons donc abandonné la contrainte de Gesmar et entamé la visite des familles et la comparaison des différents projets afin de choisir les plus intéressants, ceux qui nous paraissaient les plus viables. Puis les intéressés sont venus à une cérémonie où nous leur avons remis le budget suffisant pour débuter leur projet. Un suivi mensuel continuera toute l’année sur place, à Hué pour vérifier que les consignes du microcrédit sont bien appliquées et que l’argent n’est pas parti dans un investissement de court terme. Le but est quand même de faire fructifier les sommes prêtées afin de les rembourses à une date T… Nous nous sommes longuement posé la question de savoir si ce pôle était indispensable à l’association, s’il aidait vraiment les familles (qui ne sont pas forcément choisies sur un critère de pauvreté et n’ont pas toutes des projets durables), etc. Car on s’éloigne tout de même un peu de l’objectif initial de TUONGLAI : promouvoir l’éducation auprès de jeunes vietnamiens. Nous ne sommes pas tous tombés d’accord et nous verrons avec les membres de la mission 2010 ce qu’ils en pensent.

 

 

Voila donc les quatre pôles de notre association : bourses scolaires, amélioration des infrastructures scolaires, animation auprès d’orphelins et microcrédit. Nous avons été remerciés par tous les gens avec qui nous avons été en contact, notre travail leur a plu donc nous sommes repartis satisfaits de nos efforts et motivés pour inciter de nouveaux étudiants à prendre le relais car ces personnes ont besoin de nous, comptent sur nous et notre action leur est utile. Par ailleurs, nous verrons après que c’est aussi une expérience humaine très forte au sein même de l’association.

 

 

 

 

 

III)                Les découvertes, acquis et difficultés rencontrées au cours de la mission :

 

L’environnement : Hué se situe sur la côte, au centre du pays. Capitale du Vietnam de 1802 à 1945, sous la dynastie Nguyen, la ville est par tradition un centre culturel, religieux et d’enseignement.

Cette ancienne cité impériale a été classée par l’Unesco dans le Patrimoine mondial de l’Humanité. C’est probablement ce contexte privilégié qui fait que Hué est une ville propre, relativement aux autres grandes villes comme HoChiMinh ou Hanoi. Au début, je me demandais pourquoi nous faisions notre mission dans une des villes les plus riches du Vietnam. Ce n’est qu’après coup que j’ai compris que les inégalités les plus marquées se concentraient dans ce genre de ville. Globalement, la population est très pauvre mais on ne voit aucun clochard car ils n’ont besoin de rien pour vivre. La vie n’est pas du tout chère. C’est sans doute lié à cet héritage communiste qui a marqué les esprits et au fait que l’entraide est spontanée au Vietnam. Mais cela peut, à mon sens, également avoir trait au fait que là-bas règne le « système D » (système débrouille). En effet, chacun trouve une tout petite tâche à accomplir en guise de travail. On a donc des barbiers, des cireurs de chaussures, des ramasseurs de cannettes, etc. Et le petit pactole récolté dans la journée leur permet de vivre/survivre pour la journée. La pauvreté n’est donc pas aussi visible que dans les pays développés car elle est partout, les contrastes riches/pauvres sont donc beaucoup moins marqués.

 

En ce qui concerne la population, les attitudes et caractères varient, bien entendu. Cependant, on retrouve toujours cette sérénité chez les femmes. Elles parlent peu mais elles savent ce qu’elles veulent, qui elles sont, et ne rendent de compte à personne. En général, les gens sont assez simples, accueillants, souriants, et ce particulièrement dans les campagnes. Ils peuvent être plus méfiants et intéressés dans les villes. Ils deviennent très agressifs dès qu’on commence à parler d’argent. On sent que gagner sa vie est un combat quotidien pour eux et ils s’y attèlent d’arrache pied. C’est parfois un peu agaçant car ils ne nous laissent aucun répit. On est harcelé tous les 2 mètres par un/une vendeur/vendeuse (qui vendent tous la même marchandise). Ils fonctionnent à l’usure. Ca marche au début ; à partir du moment où on a compris qu’il fallait les ignorer et les laisser simuler une immense tristesse, ils partent à la recherche d’un autre touriste à arnaquer!

Il faut négocier sans arrêt pour ne pas se faire avoir. C’est très amusant au début, un peu usant à la fin. Mais c’est une logique que j’ai appréciée. On est tout content quand on a réussi à faire baisser le prix, on a l’impression d’avoir fait l’affaire du siècle alors qu’ils gagnent quand même une marge importante en nous le vendant à un prix moindre ! Et ca crée un contact avec les vendeurs, parfois ils rigolent, parfois ils sont très agressifs. Au début, c’est un peu intimidant mais on réalise vite que c’est indispensable. En effet, quand les locaux payent 1 000 VND une traversée en bateau et qu’on nous en demande 70 000, on se dit qu’il y a un léger problème ! Le touriste est une proie facile, nous en avons fait les frais au début puis nous sommes devenus vigilants au fur et à mesure que la mission avançait.

 

Ce voyage nous a permis de nouer des amitiés très solides. Evidemment il y a parfois eu quelques tensions au sein du groupe car ce n’est pas toujours évident de cohabiter à 20 personnes : Il faut supporter les retards des uns et des autres, les difficultés d’organisation, le tout combiné à une chaleur qui rend nerveux et un rythme très fatiguant (qui ne nous empêchait pas de faire la fête tous les soirs !). Mais globalement nous nous sommes entendus à merveille et nous sommes énormément rapprochés les uns des autres. Des belles amitiés sont nées et plus si affinités…

 

Cette expérience nous a aussi ouvert à une culture totalement différente, de voir le monde d’une autre façon. Les vietnamiens sont beaucoup plus réservés dans leurs rapports hommes/femmes, et ont en même temps une réalité bien plus dure au quotidien. Il existe encore des ethnies au Vietnam qui pratiquent le mariage forcé. Mais c’est de moins en moins accepté par les nouvelles générations. Nous avons notamment marché avec une guide Hmong (une des 54 ethnies locales) qui nous expliquait qu’elle avait 27 ans, pas de mari donc qu’elle serait vieille fille car dans sa tribu, on se marie vers 14-15 ans. Généralement, on se marie avec le premier homme qu’on rencontre. Nous pensions que cela ne valait que pour les ethnies qui vivent dans les montagnes reculées du Vietnam et qu’une autre logique régnait en ville. C’est le cas, mais les relations mixtes sont tout de même très controversées. Les filles n’ont généralement pas de petit ami, ou alors très tard. La question du sexe avant le mariage les faisait rire car pour eux c’est une chose impensable. Les filles n’ont pas le droit de sortir en semaine et le week-end elles doivent rentrer à minuit grand maximum. Les études sont essentielles et les jeunes gens doivent y consacrer la majorité de leur temps. Il y a peu de place pour les loisirs. Ces différences marquées ne nous ont absolument pas empêchés de tisser des liens solides avec de jeunes vietnamiens de notre âge (nos interprètes), loin de là.

 

 

Pour conclure :

 

Cette mission humanitaire a donc été une aventure humaine exceptionnelle. Nous avons créé des liens très solides les uns avec les autres ; nous avons été utiles et ca fait plaisir de savoir qu’on ne se donne pas du mal pour rien, nous avons été grandi par justement cette logique de don de soi pour l’autre (qui est à la base de toute mission humanitaire) et la prise de conscience des bienfaits de notre travail, nous avons faits des rencontres inoubliables (Duc, les interprètes, etc.), vu des paysages surréalistes, découvert une culture apaisante et bien d’autres choses encore !

Je ne peux que conseiller aux nouveaux E1 de choisir TUONGLAI et de s’y mettre à fond ; vous en retirerez énormément.

 

 

 

 

 

 

REMERCIEMENTS :

 

A nos partenaires, en particulier Colgate.

A Duc, notre contact sur place. Pour son accueil très chaleureux et son aide précieuse.

Au Brown Eyes, d’avoir fait de nous des clients assidus !

A toute l’équipe TUONGLAI pour les efforts mis en place afin de mener à bien la mission, tout particulièrement a Bachou, notre président.

A Perrine, d’avoir partagé sa chambre avec moi pendant 2 mois !

Etc.

 

 

 


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